Berlin relâche l'étau sur les assureurs-vie allemands

L'Agefi quotidien, 28 mai 2014
Le gouvernement allemand envisage d’abaisser de 50 pb le taux d'intérêt garanti par les assureurs pour le ramener à 1,25% d'ici à début 2015

Les assureurs vie allemands devraient bénéficier d'un coup de pouce opportun pour compenser la faiblesse actuelle des rendements qui pénalise leur solvabilité. Le gouvernement allemand envisagerait en effet d'abaisser de 50 bp le taux d'intérêt garanti par les assureurs-vie du pays pour le ramener à un niveau de 1,25%. «C'est notre objectif de suivre l'avis des actuaires qui est de ramener le (taux d'intérêt garanti) de 1,75% à 1,25% d'ici au 1er janvier 2015», a ainsi précisé hier à la presse un haut fonctionnaire du gouvernement cité par Reuters, qui ajoute que Berlin souhaite faire entériner le nouveau taux par le Parlement avant l'été.

La dernière baisse de 50 pb du taux, calculé par l'association des actuaires sur la base des rendements à 10 ans des principaux Etats de la zone euro, remonte à début 2012. L'horizon temporel et l'ampleur de la baisse du taux qui semblent être envisagés sont conformes aux recommandations formulées la semaine dernière par la Bafin, le régulateur allemand des marchés. «Un retard dans la prise décision pourrait entrainer des problèmes techniques dans l'application de cette baisse par les assureurs», avait prévenu Felix Hufeld, responsable de l'assurance à la Bafin.

Début mars, le ministère des finances allemand avait indiqué son intention de contraindre aussi les assureurs à réduire le versement de dividendes pour s'assurer de leur capacité à assurer le paiement des rendements à leurs souscripteurs. Les assureurs garantissent en effet un rendement moyen de 3,5% à 4% sur leurs contrats d'assurance vie traditionnels signés avant la crise et qui courent sur des longues durées supérieures à 10 ans. Or, le rendement du Bund à 10 ans a chuté à un niveau de 1,3% hier.

«L'extrême faiblesse des taux d'intérêt se justifiait certainement pour remettre l'économie sur pied. Mais le prix que nous payons pour cette politique de taux zéro, en particulier la dépossession progressive des épargnants, augmente tous les jours», alertait fin février Michael Diekmann, directeur général d'Allianz.

Une situation qui est amenée à perdurer avec la promesse faite par la BCE de conserver une politique monétaire durablement accommodante. L'autorité pourrait même décider dès la semaine prochaine de baisser une nouvelle fois ses taux directeurs à un plus bas historique de 0,10%, et de ramener les taux de dépôt en territoire négatif pour la première de son histoire.