Assurance vie : Les UC narguent les fonds euros

Selon France Assureurs, au mois de juillet, la collecte nette en assurance vie continue de s’essouffler, tandis que celle en unités de compte n’a jamais été aussi élevée.

Dans un contexte économique bafoué par la remontée des taux et de l’inflation, l’assurance vie se doit de jouer des coudes. Sur le mois de juillet, le placement préféré des Français enregistre une collecte positive de 800 millions d’euros. Une performance supérieure à celle du mois précèdent (600 millions d’euros), mais inférieure à celle enregistrée à la même période en 2021, à 1,1 milliard d’euros.

«Ces évolutions sont à relativiser. Dans l’environnement macroéconomique actuel, empreint d’incertitudes, ce que je constate, c’est que l’assurance vie reste solide et continue son développement avec une collecte nette positive», indique Franck Le Vallois, directeur général de France Assureurs (FA). Depuis le début de l’année, la collecte nette s’élève à 12,9 milliards d’euros, soit 1,4 milliard de plus qu’à la même période en 2021.

Les cotisations en assurance vie s’établissent à 88,4 milliards d’euros, le niveau le plus haut depuis 2010. Sur le mois de juillet, elles atteignent 12 milliards d’euros. Le montant des prestations est, quant à lui, stable sur un an, à 11,2 milliards d’euros. Depuis le début de l’année, les assureurs ont versé 75,5 milliards d’euros de prestations, soit 900 millions d'euros de moins que l’année précédente.

Fin juillet 2022, l’encours des contrats s’élève à 1.847 milliards d’euros, contre 1.821 milliards un mois auparavant.

Les UC battent des records 

La volonté de diversification se confirme malgré la dégradation des marchés financiers. Avec des contrats ayant une durée de vie moyenne de 12 ans, les épargnants en assurance vie ne se montrent pas averses aux risques. La collecte en unités de compte (UC) s’établit à 23,4 milliards d’euros fin juillet, soit 2,5 milliards d’euros de plus que le précèdent record affiché en 2021, sur la même période. Au mois de juillet, elle s’élevait à 2,5 milliards d’euros, contrairement au fonds en euros qui enregistre une décollecte de 1,7 milliards d’euros. «Les épargnants ont cherché un meilleur rendement en allouant différemment leur épargne et en versant une plus grande partie sur des supports en UC», ajoute le directeur général de la fédération.

La part des cotisations en UC croît de 6% depuis le début de l’année, contre une baisse de 3% pour les fonds en euros. Elles représentent 36,1 milliards d’euros cumulé depuis le début de l’année, contre 52,3 milliards d’euros pour le fonds en euros. «La part des cotisations en UC s’établit à 41 % depuis le début de l’année, à comparer à 39 % pour l’année 2021», indique FA dans un communiqué.

Le PER encaisse les cotisations

Concernant le plan d’épargne retraite (PER) assurantiel, la fédération récense 57.200 nouveaux assurés en juillet 2022, soit une croissance de 21% par rapport à la même période en 2021. Dans le même temps, 20.900 bénéficiaires d’anciens contrats ont transféré ces derniers vers un nouveau PER. Au total, le marché des PER commercialisés par les entreprises d’assurance enregistre sur le mois 78.100 assurés supplémentaires et un peu plus de 1 milliard d’euros de versements.

Toujours, au mois de juillet, les cotisations s’élevaient à 557 millions d’euros, soit une hausse de 47 % sur un an. La collecte nette, quant à elle, s’établissait à 458 millions d’euros. Enfin, fin juillet 2022, 3,4 millions d’assurés détenaient un PER pour un encours de 42,9 milliards d’euros.