« Rien à envier aux banques privées »

Eric Bachmann, président de Patrimum Groupe

Le président de Patrimum Groupe Eric Bachmann, revient pour la rédaction sur le partenariat récemment signé avec Exco et sur ses ambitions à moyen terme.

 

L’Agefi Actifs : - Vous venez de signer un partenariat avec Exco. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

C’est une collaboration qui va permettre, à ID groupe comme à Patrimum, de revenir à l’essence de notre métier. Pour qu’un conseil soit optimal il doit associer toutes les parties prenantes : comptables, CGP, notaires, etc. C’est un peu comme au théâtre, il faut une unité de lieu, de temps et d’action. Pourtant, les clients ne retrouvent jamais cela. Le partenariat avec Exco va dans ce sens. Les experts comptables sont constamment en lien avec les chefs d’entreprise et leur délivrent beaucoup de conseil. Un CGP peut améliorer ce conseil en allant plus loin dans la réflexion, notamment sur les enjeux patrimoniaux personnels et dans le concret de la mise en place des produits.

 

Concrètement comment cela va-t-il se traduire ?

Nous allons créer localement des structures communes avec les sociétés qui constituent le groupe Exco. Nous avons d’ores et déjà créé des sociétés communes avec la Financière du Sud-Ouest (Exco-FSO) couvrant tout le Sud-Ouest de la France et Exco-Nexiom pour Paris, la région parisienne et Nancy.

Plusieurs autres structures devraient voir le jour. Nous regardons par exemple beaucoup la façade Atlantique, notamment Bordeaux et Biarritz.

 

Pourquoi avoir choisi Exco ?

C’est un groupe que nous connaissons depuis longtemps avec des valeurs qui nous rapprochent. Nous nous sommes choisis mutuellement. Ils ont notamment été très intéressés par notre démarche de conseil, qui fait de la vente de produits une conséquence de notre accompagnement et non pas une finalité.

 

Que vous apporte ce partenariat ?

Notre clientèle est constituée à 70 % de chefs d’entreprise. Nous baignons dans le même milieu et j’ai la conviction que pour nous faire une place dans l’industrie de la gestion de patrimoine actuelle, la spécialisation est un atout. Exco va nous apporter des clients mais va aussi nous aider à améliorer nos services. L’idée est de nous nourrir mutuellement de nos réflexions et de nos expériences. Chaque cas est spécifique et les problématiques d’un patron d’une entreprise qui fait 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ne sont pas les mêmes que celles du dirigeant d’une TPE à 500.000 euros.

 

Ne redoutez-vous pas la concurrence des banques privées qui se positionne largement sur le segment chefs d’entreprises ?

Aujourd’hui, nous gérons 500 millions d’euros pour nos 350 plus gros clients [800 millions d’euros d’encours au total à fin octobre 2021, ndlr] soit plus de 1,5 million par client. Nous n’avons rien à envier aux banques privées.

En outre, un entrepreneur a besoin d’un interlocuteur conseil qui soit indépendant. Il doit pouvoir parler d’égal à égal et avoir la certitude qu’on n’est pas là pour lui vendre des cacahuètes mais travailler pour lui, dans son intérêt.

Les rétrocessions ne sont-elles pas un frein à cette indépendance ?

Pas si vous êtes totalement transparents sur vos revenus, ce qui est notre cas. En outre, ce partenariat va nous pousser à pratiquer encore plus de facturation en honoraires. Lorsque vous créez une maison commune l’objectif est d’avoir une rémunération commune. Il faut prendre le meilleur de chaque partie pas ses points faibles.

 

Quelles sont vos ambitions à moyen terme ?

Nous voulons devenir un acteur de référence pour la clientèle des chefs d’entreprises. Cela passera forcément par la poursuite de notre croissance et nous espérons rapidement atteindre le milliard d’euros d’encours.

Cela passera peut-être par une opération de croissance externe, même si les valorisations sont actuellement trop élevées à mon goût. D’autant que nous pouvons nous reposer sur une croissance organique très forte [Patrimum devrait collecter plus de 100 millions d’euros cette année, ndlr].

Ces valorisations sont le résultat de l’intérêt des investisseurs pour notre industrie qui arrive à maturité. C’est une bonne chose pour la promotion de la profession, à condition de pouvoir rester maître de son destin. Or, certaines mésaventures récentes risquent de refroidir des confrères et doivent nous faire nous poser les bonnes questions. Peut-être que nous raterons un train, mais il vaut mieux garder les yeux grands ouverts et étudier chaque proposition et opportunités avec sérénité, sans se précipiter.