Primonial Portfolio Solutions

Tous les quinze jours et pendant six mois, trois partenaires choisis par la rédaction de L’Agefi Actifs révèlent leur politique d’investissement. Ce numéro au tour de Primonial Portfolio Solutions.

La baisse des marchés actions observée en septembre aurait pu laisser présager d’un nouvel octobre noir sur les marchés financiers. Néanmoins, la conjonction d’indicateurs macroéconomiques en constante amélioration et d’une saison de résultats d’entreprises bien meilleure qu’attendu a permis un regain d’optimisme. De plus, les taux longs ont reflué et l’appétit pour le risque des investisseurs est revenu. Sur le mois, les actions mondiales ont signé un très fort rebond (+5,7 % sur le MSCI World en dollars) et les marchés développés sont à l’unisson, avec de solides performances sur les marchés américains et européens où les records historiques se succèdent jour après jour pour les indices.

Outre-Atlantique, après un fléchissement de l’activité économique cet été, du fait d’une résurgence de cas de Covid et de difficultés dans la chaîne de production, les dernières statistiques publiées démontrent une réaccélération de l’économie, tant dans le secteur manufacturier que des services. Le S&P 500 a bondi de 7 % sur le mois (en dollars) et les sociétés technologiques représentées dans le Nasdaq retrouvent la faveur des investisseurs en gagnant 7,29 % sur octobre (en dollars). Cette rotation en faveur des valeurs de croissance, et notamment les sociétés technologiques, démontre que la digitalisation des entreprises n’est plus considérée comme une réponse opportuniste à la crise de 2020 mais constitue un prérequis pour accélérer leur croissance.

Parallèlement à la reprise économique, l’inflation continue de monter sous la pression des prix des matières premières et des intrants. Elle pourrait s’installer durablement si la croissance devait rester forte. Ainsi, le scénario du caractère transitoire défendu par les banquiers centraux des deux côtés de l’Atlantique pourrait être battu en brèche si l’inflation devait rester au-dessus de 4 % ou 5 % au cours des prochains mois. Cette situation forcerait alors les banquiers centraux à remonter les taux monétaires pour éviter la surchauffe, à l’instar de ce qui a été opéré récemment dans la zone émergente où plusieurs pays ont déjà resserré leurs conditions monétaires.

La Chine semble pour l’instant échapper à la faillite de son promoteur immobilier Evergrande, mais le ralentissement de l’activité s’est confirmé au 3e trimestre avec une croissance limitée à 4,9 % et un PMI manufacturier en zone de contraction à 49,2 % en octobre. Pékin devrait ainsi infléchir sa politique monétaire vers un assouplissement, ce qui pourrait contribuer à faire repartir le marché actions.

Outre-Atlantique, les résultats d’entreprises publiés pour le 3e trimestre 2021 se sont révélés très solides, avec plus de 80 % de surprises positives, confirmant la capacité des entreprises américaines à résister au choc des prix. Pour 2021, la croissance des bénéfices par action (BPA) devrait s’établir en hausse de 49 %, après une contraction de 14 % en 2020.  En zone euro, la tendance est identique, l’activité du 3e trimestre s’avère être au-dessus des attentes. La croissance des BPA est attendue à 65 % pour 2021 (après -34 % en 2020) et la progression pourrait atteindre 15 % en 2022. Ainsi, même si les indices actions semblent chers, la progression des cours semble tenable tant que l’environnement macroéconomique restera positif et que les liquidités seront toujours abondantes.

En termes d’allocation, nous conservons un biais important sur les sociétés de croissance, en privilégiant les valeurs technologiques, les valeurs de la santé et du luxe, mais aussi celles liées au développement durable, aux énergies décarbonées et au traitement de l’eau. D’un point de vue géographique, nous gardons un biais positif sur les actions asiatiques, particulièrement les chinoises, qui pourraient bénéficier de l’assouplissement monétaire envisagé par la Chine dans les prochaines semaines. Nous restons toujours à l’écart des marchés obligataires et de crédit, autant européens qu’américains. Les marchés obligataires, pénalisés par le niveau très bas des taux d’intérêt, n’offrent selon nous pas de rendement courant et seront mécaniquement affectés par la remontée des taux qui ne devrait pas tarder à se manifester.

 

3 points forts du marché

- Situations macro et micro plus favorables qu'attendu

- Abondance de la liquidité mondiale

- Accord aux Etats-Unis sur des plans de relance massifs

 

3 points faibles du marché

- Hausse continue de l'inflation aux Etats-Unis et en Europe

- Resserrement monétaire attendu plus fort que prévu

- Résurgence de cas de Covid