Primonial Portfolio Solutions

Tous les quinze jours et pendant six mois, trois partenaires choisis par la rédaction de L’Agefi Actifs révèlent leur politique d’investissement. Ce numéro, au tour de Primonial Portfolio Solutions.

Depuis le début de la crise sanitaire et l’effondrement des marchés en mars 2020, le mois de septembre 2021 n’est que le quatrième mois où les actions mondiales affichent un recul. C’est dire la force avec laquelle les différentes puissances publiques et monétaires soutiennent les marchés depuis 18 mois. Cependant, le ralentissement économique couplé à l’amorce de la normalisation de la politique monétaire risque de freiner cette dynamique. En effet, dans les pays qui ont été touchés les premiers par le virus, comme la Chine, et ceux qui ont mis place de vigoureux plans de soutien à l’économie, comme les États-Unis, nous observons un certain ralentissement de la croissance, ce qui commence à alerter les investisseurs. Dans le même temps, l’inflation a accéléré un peu partout dans le monde sous la pression du prix des matières premières, et particulièrement le pétrole, le gaz et le charbon dont les cours ont augmenté de plus de 50 % en 2021. Ces hausses de prix, jugées comme transitoires il y a quelques mois à peine par les banquiers centraux, perdurent et affectent même le continent européen. La pression va ainsi s’accélérer du côté des banquiers centraux, qui devront a minima réduire leurs achats d’actifs mensuels, pour ensuite enlever de la liquidité et enfin ajuster leurs taux monétaires. Forts des expériences passées, nous supposons que toutes ces étapes se feront progressivement et seront annoncées en amont par les banquiers centraux pour éviter toute panique sur les marchés financiers. Ce scénario est celui privilégié par les intervenants. Mais il ne faudrait pas qu’il déraille, du fait de pressions inflationnistes trop fortes ou d’un attentisme trop important des banquiers centraux, qui, confrontés à un ralentissement plus marqué de l’activité, manqueraient significativement de mesures pour relancer le moteur économique. De plus, si la hausse des endettements publics devait s’accompagner d’un affaiblissement de la reprise et/ou être confrontée à une hausse de l’inflation, cela poserait un problème de coût de financement aux États. Cela viendrait alors rogner d’autant leur potentiel de relance budgétaire.

L’exemple de la Chine dans sa gestion post-Covid peut nous servir de guide, même si à notre sens la situation n’est pas totalement comparable. La Chine a été la première à lever quelque peu ses stimuli monétaires en début d’année. Elle l’a couplé à un resserrement réglementaire pour reprendre le contrôle sur ses multinationales. La chute de son deuxième promoteur immobilier, Evergrande, illustre la volonté de Pékin de limiter l’endettement du secteur privé au risque de déstabiliser tout un secteur d’activité à court terme. Mais la Chine voit plus loin et, n’ayant pas de calendrier électoral à gérer à court terme, souhaite créer des conditions de croissance stables et pérennes sur le long terme. Les marchés actions, en revanche, paient un lourd tribut à cette politique. L’indice actions MSCI China a abandonné plus de 17 % en 2021 et l’écart par rapport aux États-Unis s’établit à plus de 35 % (en dollars). Les actions chinoises offrent désormais des niveaux de valorisation attractifs puisqu’elles se négocient en moyenne à un ratio cours/bénéfices à 12 mois (PER) 2022 de 12,5x, loin des 28x pour les actions américaines.

Dans cet environnement, nous continuons à privilégier les marchés actions malgré une volatilité qui pourrait s’accroître dans le futur et à sous-exposer complètement le secteur obligataire. D’un point de vue géographique, nous nous repositionnons sur l’Asie et plus particulièrement la Chine qui offre un niveau de valorisation attractif. Cette repondération se fait au détriment de l’Europe qui pourrait être confrontée à son tour au ralentissement économique et à une montée de l’inflation.

Les marchés obligataires vont souffrir de la baisse des achats des banques centrales avec des courbes des taux qui peuvent se pentifier et les marchés de crédit sont à des niveaux de spreads trop bas pour absorber sans dommage les hausses de taux. Le secteur du high yield n’apportera pas plus de décorrélation aux marchés actions et pourrait souffrir d’une hausse des taux de défaut lorsque les financements mis en place par les États pendant la crise seront levés.

 

Analyse macro de Primonial

Points forts

- Amélioration significative de la situation sanitaire

- Liquidité mondiale toujours abondante

- Bénéfices des entreprises très solides

Points faibles

- Banques centrales trop attentistes sur l’inflation

- Baisse des anticipations de croissance pour 2021 et 2022

- Inflation persistante aux USA et en zone Euro