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«Optimiser son crédit, c'est avant tout optimiser son assurance»

«Optimiser son crédit, c'est avant tout optimiser son assurance»

Une tribune de Pierre Balsollier, le dirigeant de Securimut, l'entité spécialisée en assurance emprunteur de la Macif et de la Maif, après le vote des députés en faveur de la résiliation annuelle de l'assurance emprunteur dans le cadre de la loi Sapin II.

Le récent vote sur l’ouverture à la résiliation annuelle de l’assurance emprunteur n’est pas vraiment une nouveauté. Madame Lagarde rappelait que la résiliation annuelle était libre en 2009! Mais c’est une avancée claire car le gouvernement a émis un avis de sagesse sur un article de la loi Sapin II sur la transparence rappelant que dans la mesure où l'emprunteur apporte un contrat équivalent, la banque ne peut pas s'opposer à sa demande de changement d'assurance.

Serait-ce la fin d'une vieille revendication consumériste?

Il est vrai que cette revendication remonte à 2006-2007, avec les premières réflexions sur Aeras et des interventions de l'UFC. Il n'aura fallu pas moins de lois tous les deux ans et un alourdissement du formalisme, sans pour autant avoir une meilleure information de l'emprunteur assuré. Qui sait qu'il y a de réelles différences entre les contrats assurance emprunteur du marché ? Et que souvent le prix n'est pas inversement corrélé à la qualité du contrat ! L'esprit des lois était clair : liberté de l'assuré de choisir son assurance, interdiction de l'imposer.

Au début des années 2000, quand les banques n'avaient pas encore réalisé que les marges dégagées sur l'assurance emprunteur étaient anormalement élevées, l'information sur la déliaison était faible mais les pratiques commerciales bancaires correctes. Dès lors que les marges eurent atteint 50% dans tous les contrats bancaires, la position est devenue "tout sauf la délégation". Et en même temps, les banquiers avaient besoin des assureurs externes pour trouver des solutions en risques aggravés.

Nous ne pouvons qu'espérer que ceci soit la dernière loi sur le sujet. La liaison de l'assurance et du crédit est malsaine et tend à instaurer des pratiques commerciales non recommandables. La banque peut émettre son exigence de couverture, le client doit être libre de choisir, d'adapter son contrat à sa situation et surtout de changer. Faisons-lui confiance pour changer pour le mieux et moins cher.

L'impact tarifaire est-il aussi important qu'on l'entend dire?

Le taux des crédits à 20 ans est actuellement de 1,8%. L'assurance sur les deux co-emprunteurs à 100%, comme l'exige souvent le banquier, représente en moyenne française 1,2%. Son optimisation permet d'en économiser la moitié. Aujourd'hui, optimiser son crédit, c'est avant tout optimiser son assurance. Et il est vrai qu'avec la loi Hamon, si on sent que la banque ne vous laisse pas choisir votre assurance, mieux vaut traiter en deux temps : je choisis la banque avec le taux du crédit, la modularité et ensuite j'optimise l'assurance.

La communication de toutes les offres non bancaires sur les 10.000 euros d'économies pour les couples d'emprunteurs de moins de 45 ans sur la durée du crédit correspond bien à une réalité vécue.

Quel bilan de la loi Hamon?

Une fois encore, les banques ont cherché à contourner la loi. Le taux de placement des assurances externes a encore diminué. Alors que l'assurance se plaçait avant l'offre de prêt, une partie significative se place juste après l'offre de prêt, le banquier n'hésitant plus à renier intégralement la liberté de choix instaurée par la loi Lagarde, créant une lourdeur administrative insupportable pour les banques, les emprunteurs, les assureurs externes. C'est exactement l’inverse de ce qui était voulu et attendu. Ceci explique le ras le bol du législateur et du gouvernement.

Fort de notre expérience de changement d'assurance en cours du prêt, nous avons industrialisé le processus et nous prenons en charge intégralement le changement pour l'emprunteur. A l'emprunteur un meilleur contrat et des économies, à nous la gestion.

Que penser d'Aeras?

En 2007, le système Aeras est allé chercher les assureurs alternatifs pour trouver des solutions. 43% des risques aggravés sont portés par les assureurs, alors qu'ils ne portent que 12% du marché, donc ils portent 4 fois plus de risques aggravés que les banques. Donc les réels mutualisateurs ce sont eux, s'il devait y en avoir.

Le marché peut encore faire des progrès, la médecine semble avancer plus vite que l'assurance et tant mieux pour nous tous d'ailleurs. Il reste des marges d'amélioration.

Le système est très utile, même s'il n'apporte que très peu de solution. Il permet de vérifier que les acteurs travaillent bien avant le niveau 1-2.

Je crois aussi que nous devrions interdire aux banques d'exiger de l'assurance quand une personne est refusée Aeras. La banque dispose de sûreté réelle, quitte à ce que la banque ait le droit de choisir si la sureté ne représente pas plus de 125% de l'emprunt. Un célibataire de 35 ans a-t-il besoin à tout prix d'une assurance décès ? Il n'emportera pas plus son appartement en Australie qu'au paradis!

Quels sont les prochaines étapes?

Faire en sorte que les autorités de tutelle et de contrôle osent remplir leur mission sans défaillir devant les dirigeants bancaires qui les menaceront toujours de mettre à bas le système bancaire.

Laisser les banques gagner de l'argent sur le crédit, comme elles savent le faire, et être des concurrents ouverts sur l'assurance. Mais peut-être que nous viendrons aussi les titiller sur l'assurance caution.

Etre encore meilleur en qualité de service.

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