« Nous voulons valoriser la gestion financière de la Carac »

Propos recueillis par Laurence Pochard
La Carac se prépare à se lancer dans la gestion d’actifs pour compte de tiers. Entretien avec Fabrice Hammouche, directeur des investissements de la mutuelle et pilote du projet d’ouverture de la gestion financière.
Fabrice Hammouche, directeur des investissements de la Carac

Vous annoncez la création du métier de gestionnaire d’actifs pour compte de tiers. Qu’est-ce qui motive cette décision ?

Ce projet s’inscrit dans le cadre de notre plan stratégique « Ambition 2030 » qui a été décliné en un certain nombre d’axes, dont l’un est le projet de création d’une activité de gestion d’actifs pour compte de tiers. L’idée de ce projet est d’abord de valoriser la qualité des performances de la gestion financière de la Carac, qui sont reconnues par nos administrateurs et adhérents. Le second objectif consiste à faire mieux profiter nos adhérents de cette gestion financière. Enfin, il s’agit de contribuer au développement d’une nouvelle clientèle.

Cette décision se place dans le contexte d’évolution réglementaire et de tournant pour la Carac qui souhaite se doter des moyens de se moderniser et de capter les opportunités liées notamment à la loi Pacte et à la loi sur les retraites. Nous voulons constituer un acteur majeur et bénéficier de ces évolutions.

Quelle clientèle visera cette offre ?

A ce stade, tout n’est pas finalisé, mais l’idée c’est de pouvoir travailler avec des gens qui nous ressemblent, donc des acteurs de l’économie sociale et solidaire réglementés (mutuelles, IRP) ou non réglementés (associations, fondations).

Quel type de produits envisagez-vous de proposer à ces futurs clients ?

Le plan que nous mettons au point comporte deux étapes. La première étape va consister en la création de cette société de gestion de portefeuille. Nous allons lancer cela après l’été avec les agréments à obtenir et la structuration de l’entité juridique. Nous procéderons ensuite à la construction d’OPCVM et la constitution d’un « track record » indispensable pour pouvoir demain aller proposer nos services pour compte de tiers. Nous allons commencer par gérer le mandat Carac, dont le portefeuille pèse aujourd’hui plus de 12 milliards d’euros, puis nous avancerons sur des mandats externes assez rapidement l’année prochaine. En parallèle, nous allons construire deux types d’OPCVM : des OPCVM que nous pourrons intégrer à la gestion de nos actifs du fonds général mais également des OPCVM que nous pourrons proposer à nos adhérents dans le cadre de contrats en unités de compte.

Nous allons privilégier des actifs que nous maîtrisons, et que nous gérons déjà pour la plupart en direct. A savoir : les obligations « investment grade » ou « high yield », les actions, et un peu plus tard nous envisageons également de créer des supports immobiliers, ainsi que des fonds d’allocation d’actifs de type patrimonial. A ce stade, les sujets de private equity et de dette privée ne sont pas encore envisagés.

Conserverez-vous des gérants externes ?

Nous gérons quasiment tout l’obligataire en direct hormis certains sous-segment spécialisés comme la dette émergente. Nous gérons également la majeure partie de nos actifs immobiliers en direct. Ensuite nous avons recours assez largement à la gestion externe et c’est un principe que nous conserverons dans le cadre de la gestion du mandat Carac. Nous sommes très ouverts sur le marché de la gestion d’actifs, nous travaillons avec plus d’une centaine de sociétés de gestion de portefeuille et c’est un modèle que nous conserverons, même s’il reste possible de réinternaliser un peu d’expertise. Par ailleurs, nous prévoyons un certain nombre de recrutements, notamment sur la gestion.

Et en quoi consistera la deuxième étape ?

La première phase va durer environ cinq ans, ensuite nous entamerons une deuxième phase qui sera une phase d’expansion et de croissance organique. Nous n’excluons pas pour cette séquence de recourir à des acquisitions de sociétés de gestion pour accélérer le développement.