« L’Europe de l’épargne reste à construire »

A quelques jours des élections européennes, le Cercle de l’Epargne publie une étude sur les pratiques des épargnants dans les pays de l’Union.
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« Au sein de l’Union européenne, les États membres se répartissent en deux catégories : les pays ayant un taux d’épargne élevé, supérieur à 12 % du revenu disponible brut (Allemagne, France, Autriche et Pays-Bas, Suède, Danemark) et ceux à faible taux d’épargne (Espagne, Portugal, Finlande, Irlande, Italie, Royaume-Uni) », selon une étude du Cercle de l’épargne, publiée le 22 mai 2019 à l’occasion des élections européennes. « La France, comme l’Allemagne, se caractérise par un taux d’épargne stable depuis une vingtaine d’années quand au Portugal, en Autriche, en Belgique ou en Italie, ce taux a tendance à s’éroder. »

En Europe, « l’immobilier (résidence principale et investissement immobilier locatif) représente une part importante du patrimoine des ménages propriétaires» (81 %) souligne l’étude même « s’il n’y a pas de corrélation nette entre taux d’épargne et poids du patrimoine immobilier ».

De manière logique, « la montée en charge d’un système par capitalisation oblige les ménages à épargner davantage. Cela peut expliquer le taux d’épargne élevé aux Pays-Bas, mais pas en Allemagne ou en France où la capitalisation est très faible ». En revanche, et « de manière contre-intuitive, le taux d’épargne est d’autant plus important que le poids de l’État-providence est élevé ». Ainsi, « en France, en Allemagne ou en Suède où le niveau de couverture des risques sociaux figure parmi les meilleurs, les ménages entendent compléter les régimes publics par des systèmes individuels et privés ».

En matière d’épargne financière, «  les Allemands sont les champions toutes catégories des liquidités qui représentent 44 % de leur patrimoine financier contre 29 % en France ».  Le poids des actions (qui comprend les parts sociales des entrepreneurs) est faible en France, tout comme au Royaume-Uni. Ces deux pays se caractérisent, en revanche, par la prééminence de l’assurance vie.

Le Cercle de l’épargne conclut que « l’épargnant européen n’existe pas encore ». « L’Europe de l’épargne reste donc à construire ». Et si « des établissements financiers en ligne ont travaillé ces dernières années à la mise en place de produits d’épargne susceptibles d’être proposés dans les différents pays de l’Union européenne », ces initiatives sont pour l’instant restées lettre morte en raison « des complexités réglementaires ».