Les tendances de 2020 se confirment pour la banque et l’assurance

Bertrand De Meyer
Le rebond de la banque d’investissement et la normalisation des conséquences des sinistres accompagnent ces tendances.

L'année 2021 n’est pas un point de rupture pour les banques et les assurances françaises. « La situation des deux acteurs au cours du premier semestre 2021 conforte les analyses au titre des grandes tendances et d’une situation qui s’améliore », a jugé Emmanuelle Assouan, secrétaire général adjoint de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), lors de la publication du rapport statistique annuel du superviseur.

Les banques ont vu leur PNB (produit net bancaire) augmenter de 11,3% au premier semestre 2021 par rapport au premier semestre 2020 à 78,9 milliards d’euros. Une hausse en grande partie expliquée par la progression de la banque de détail, qui a continué à voir les crédits aux entreprises et aux particuliers croître. La valeur des prêts distribués aux ménages a augmenté de 2,5% par rapport à fin 2020 à 1.986 milliards d’euros et ceux aux entreprises de 1,1% à 1.743 milliards d’euros. Dans le même temps, le coût du risque s’est normalisé, en baisse de 57 points. La hausse du PNB est aussi due au rebond de la banque de financement avec des revenus multipliés par 12 par rapport au premier semestre 2020.

Pour les assureurs, « la hausse des taux d’intérêt début 2021 et l’amélioration sur les marchés actions ont entrainé une augmentation du ratio moyen de solvabilité des assureurs », explique l’ACPR. Elle atteint 9 points en France (251%). Si la collecte de l’assurance vie a repris pour le segment vie, elle reste négative en euro et positive en unités de compte. Du côté dommages, « on observe une normalisation des conséquences des sinistres en termes de frais », précise Emmanuelle Assouan.

Dégradation du crédit

La persistance des tendances de 2020 confirme certains risques. Sur la collecte en assurance vie, « il existe un point de vigilance non pas sur le rééquilibrage vers les unités de compte mais sur la manière dont il se fait avec le devoir de conseil dans l’intérêt de l’assuré », selon Dominique Laboureix, secrétaire général de l’ACPR. La dégradation du crédit en est un autre. Le taux de prêts non performants total (prenant en compte toutes les contreparties, y compris les Etats ou les banques centrales) s’est pour le moment stabilisé à 2,1%. Pour les ménages, il est même en baisse constante et reste à 2,6%. « Les conditions paraissent plus saines sur le crédit immobilier avec la pérennisation des recommandations du HCSF », juge le secrétaire général. Mais, même si pour l’ensemble entreprises il se maintient à 3,9%, il grimpe sur les PGE (prêts garantis par l'Etat), à 3,2% fin juin contre environ 2,3% fin décembre 2020.