Les particuliers sous-estiment sérieusement leur revenu de retraite

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Alors que la moitié des revenus sont nécessaires à assumer les dépenses des particuliers après la retraite, ces derniers s'attendant à y consacrer seulement un tiers. Seuls 36 % des retraités français estiment avoir un revenu suffisant, selon une étude de la société de gestion Schroders avec Research Plus.

Les particuliers ne semblent pas avoir pris pleinement conscience de l'importance du coût de la vie après le départ en retraite. Tel est le principal enseignement du Schroders Global Investor Study 2018, une étude réalisée par la société de gestion Schroders avec Research Plus auprès de 22.000 investisseurs dans 30 pays. De fait, les particuliers s'attendent à consacrer en moyenne 34% de leur revenu de retraite aux dépenses de subsistance de base (nourriture, vêtements, logement), « mais la réalité pour les retraités est qu'ils ont besoin de près de 50% de leur revenu pour assumer ces dépenses », observe l'étude.

Ainsi, 15% des retraités dans le monde déclarent ne pas disposer d'un revenu suffisant pour vivre confortablement à la retraite. En France, ce taux atteint même 20%, soit un niveau largement supérieur à la moyenne mondiale mais aussi européenne (14%). En parallèle, 43% de tous les retraités indiquent qu'un peu plus de revenu serait utile, tandis que 42% ont déclaré avoir un revenu suffisant pour vivre confortablement à la retraite. En France, 36% seulement des retraités estiment avoir un revenu suffisant. « Les personnes âgées de 55 ans et plus qui s'approchent de la retraite risquent globalement de tomber de haut en raison de leurs anticipations trop élevées concernant leur futur revenu de retraite, note l'étude. Les retraités reçoivent un revenu de retraite inférieur à ce que les personnes qui approchent de la retraite s'attendent actuellement à percevoir. »

De fait, à l'échelle mondiale, le niveau de revenu que les personnes âgées de plus de 55 ans estiment nécessaire pour vivre confortablement à la retraite dépasse le revenu perçu par les retraités de 13% en moyenne. Concrètement, ils prévoient qu'ils auront besoin de 74% de leur salaire ou de leur revenu actuel en moyenne pour vivre confortablement à la retraite. Or, « en réalité, les retraités du monde entier reçoivent, en moyenne, 61% de leur salaire final chaque année », avance l'étude. Cette différence est particulièrement prononcée en Asie où les actifs de plus 55 ans estiment avoir besoin de 76% de leur revenu actuel pour mener une retraite confortable alors que les retraités indiquent percevoir seulement 59% de leur dernier salaire en moyenne, soit un écart de 17%.

En Europe, les actifs de plus de 55 ans pensent avoir besoin de 72% de leur revenu actuel pour vivre confortablement à la retraite alors que les retraités de plus de 55 ans indiquent percevoir 63% de leur dernier revenu, soit un écart 9%. En France, cet écart est nettement plus important : les actifs de plus de 55 ans jugent avoir besoin de 78% de leur revenu pour mener une retraite confortable alors que les retraités de plus de 55 ans disent percevoir 61% de leur dernier revenu, soit un écart de 17% !

La disparité dans la perception des dépenses de subsistance est plus prononcée dans les Amériques où, en moyenne, les personnes non retraitées s'attendent à consacrer 32% de leur revenu annuel aux dépenses de subsistance. Au lieu de cela, le coût de la vie de base dans les Amériques représente 53% des revenus des retraités. En France, les non retraités prévoient de dépenser 30 % de leur budget à ces dépenses de subsistance, alors qu'en réalité les retraités y allouent 46% de leur revenu. « Le fait que les particuliers sous-estiment la proportion de leur revenu de retraite qui devra être affectée aux dépenses de subsistance de base et le montant dont ils auront besoin pour vivre confortablement à la retraite constitue un réel danger, en particulier dans le contexte actuel de faibles rendements et d'inflation croissante », juge Lesley-Ann Morgan, directrice mondiale de l'expertise retraite chez Schroders, citée dans un communiqué.

Les retraités du monde continuent toutefois d'investir et d'épargner de façon significative, souligne l'étude de Schroders. A l'échelle mondiale, ils allouent ainsi 19% de leur épargne-retraite totale à des investissements. En revanche, les actifs ne prévoient d'investir que 9% de leur épargne-retraite ! Sur cet aspect, les Français interrogés sont en ligne avec la moyenne mondiale, puisque 20% des retraités allouent leur épargne-retraite à des investissements tandis que 8% seulement des actifs envisagent des investissements. Cependant, la répartition de l'allocation des retraités français est différente de la moyenne européenne et mondiale : les Français allouent en effet 11% de cette épargne à des dispositifs d'héritage pour leur bénéficiaire contre 7% en moyenne en Europe et dans le monde.

Dans un tel contexte, quelle que soit la région du monde, en moyenne, les actifs estiment qu'ils devraient épargner 2% de plus de leur revenu actuel en vue de leur retraite que ce qu'ils épargnent actuellement afin de se garantir un niveau de vie confortable une fois retraités. Au sein des pays européens, les personnes interrogées estiment qu'elles auront besoin de 3% de moins que ce que visent les Asiatiques ou les citoyens du continent américain, en moyenne.

 

Par Newsmanagers