Les fonds monétaires toujours privilégiés en épargne salariale

Selon le dernier bilan d'Amundi, 43 % des avoirs en épargne salariale sont investis en produits de trésorerie de court terme. Une meilleure communication et connaissance financière permettrait d'améliorer la situation

L’épargne salariale reste trop fortement orientée sur des actifs monétaires. C’est ce qui ressort du dernier bilan réalisé par Amundi Epargne Salariale et Retraite, qui gère plus de 44,6 milliards d'euros d'actifs en épargne salariale, vient de réaliser, et effectué sur l’allocation d’actifs effectivement retenue par les salariés.

Moins de 2 fonds retenus. Ainsi, plus de 43 % en moyenne des avoirs détenus en épargne salariale & retraite sont investis en produits de trésorerie de court terme. La tendance est la même pour les sommes détenues dans les plan d’épargne entreprise (PEE) que dans les Perco alors que l’horizon de placement de ces derniers est plus long. De plus, les supports d’investissement choisis sont moins risqués dans les Perco que dans les PEE. Amundi relève qu’un tiers des avoirs en monétaire sont des avoirs disponibles (épargne non bloquée). Le constat est aussi bien valable pour les entreprises de taille intermédiaire que pour les grandes entreprises. Il concerne aussi les nouveaux versements, la moitié des flux récents étant investis en monétaire. Malgré un nombre de fonds moyen de 5,7 proposés par dispositif, moins de deux fonds sont retenus par les porteurs et moins de  2 % des salariés réalisent des arbitrages.

Communiquer. Pour Amundi, l’amélioration de la situation passe par la formation et la communication. Xavier Collot, directeur adjoint ligne métier Epargne Salariale et retraite chez Amundi indique : « L’étude des entreprises dans lesquelles les comportements des salariés sont plus orientés vers la performance -en détenant moins de fonds monétaires- nous indique une forte appropriation des dispositifs par les salariés, résultant d’une communication importante de l’entreprise et/ou d’une implication forte des partenaires sociaux et/ou d’une implication des salariés dans ces démarches. Cela confirme le challenge que les salariés nous lancent mais également à leur entreprise, pour améliorer encore l’information sur les placements et les aider dans leur choix d’allocation au sein de leur épargne salariale ».

A noter que, pour faire progresser l’allocation d’actifs, le projet de loi Macron incite à proposer la gestion pilotée par défaut dans le Perco.  

(1)   Amundi Epargne Salariale et Retraite (ESR) a analysé les données clients en France au 31 juillet 2014, d’une part, d’un panel de 168 grandes entreprises (GE), soit 790 000 porteurs, et d’autre part d’un panel de 628 ETI3, soit 286 000 porteurs. Ces deux benchmarks couvrent environ 6 %4 de la population salariée du secteur privé.