Le régime des retraites pourrait atteindre l’équilibre financier dès 2020

La troisième édition du rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) se montre moins pessimiste que les années précédentes. Toutefois, les hypothèses de retour à l’équilibre du régime dépendent fortement d’une croissance économique durable.

Dans son dernier rapport relatif à l’évolution et les perspectives des retraites en France, le Conseil d’orientation des retraites (COR) s’est livré à l’art des prévisions statistiques au travers de multiples scénarios économiques. Tout d’abord, «malgré la hausse des ressources du système de retraite entre 2002 et 2015 (+2 points de PIB), la hausse plus forte encore des dépenses (+2,6  points de PIB) s’est traduite par une dégradation du solde financier sur la période», indique le rapport du COR. Ce dernier passe ainsi d’un excédent annuel jusqu’en 2007 à un besoin de financement annuel, qui s’est fortement creusé entre 2008 et 2010  mais se réduit depuis». A titre de comparaison, le besoin de financement en 2010 correspondait à 0,7 % du PIB alors qu’il n’était plus que de 0,3 % en 2015. La bonne nouvelle réside dans le fait que dans ses prévisions de l’an dernier, le COR anticipait un besoin de financement de l’ordre de 9 milliards d’euros à horizon 2020. Ce chiffre a été revu à la baisse dans les nouvelles projections du conseil à 4,5 milliards d’euros.

Solde financier moyen à l'horizon de 25 ans en pourcentage du PIB
Projections COR-Juin 2016

Plusieurs éléments expliquent cette amélioration: tout d’abord la prise en compte de l’accord Agirc-Arrco d’octobre 2015 mais aussi des hypothèses de croissance réévaluées. Ainsi, dans les scénarios où la croissance des revenus d’activité serait comprise entre 1,5% et 2% et le taux de chômage inférieur à 10 %, le système pourrait revenir à l’équilibre financier et dégager des excédents financiers dès 2020. En revanche, en cas de croissance inférieure à 1,5 % par an, le système resterait durablement en besoin de financement. Dans l’hypothèse d’une croissance à 1,3% par an, « le besoin de financement se stabiliserait à environ 0,2% du PIB à partir des années 2030 ». Dans le pire scénario (avec une croissance de 1%), les besoins de financement augmenteraient chaque année pour atteindre 1,4 % du PIB en 2060.