Le gouvernement reste dans les généralités sur la réforme des retraites

Les partenaires sociaux ont plutôt bien accueilli ces premières annonces, en attendant des arbitrages chiffrés sur les modalités concrètes de la réforme.

Par L'Agefi Quotidien


Le Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a finalement levé le voile hier sur les grandes orientations du gouvernement, après plusieurs mois de consultation auprès des partenaires sociaux. Conformément aux engagements pris par Emmanuel Macron, le gouvernement vise la mise en place d’un système «universel», «par points» et «par répartition». Soucieux de ne pas réveiller la grogne sociale, le gouvernement assure par ailleurs que les retraités actuels ne seront pas concernés par cette réforme, ni les salariés à moins de 5 ans de l’échéance, et que les droits déjà acquis seront «conservés à 100%». La transition vers le nouveau système s’annonce donc longue, avec des périodes de cohabitation pour certains régimes, même si l’ensemble des actifs devrait cotiser à ce nouveau système d’ici «cinq ans après l’adoption de la loi», soit en 2025, d’après Jean-Paul Delevoye.

En dehors de la CGT, les autres syndicats se montrent pour le moment plutôt ouverts. La CFDT a obtenu que l’âge légal «à partir duquel on pourra liquider ses droits restera fixé à 62 ans», ce qui était l’une de ses lignes rouges. La CFTC s’est dite «apaisée» au vu des engagements pris sur les «mécanismes de solidarité». Le gouvernement a en effet insisté sur le maintien des pensions de réversion, de la prise en compte des «interruptions d’activité» comme le chômage, la maladie ou la maternité, et une nouvelle bonification «pour chaque enfant, dès le premier enfant». Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, s’est dit quant à lui «relativement satisfait dans l’ensemble», tout en plaidant pour un mécanisme incitatif «qui peut être l’âge pivot» pour pousser les Français à travailler plus longtemps.

Le gouvernement n’a pas tranché sur ce dernier point, qui pourrait cristalliser les oppositions. D’autres aspects restent flous, notamment la transition entre les 42 régimes actuels et le futur système. Il reste également à voir comment le gouvernement compte concilier «le respect des grands équilibres financiers actuels» et son «engagement fort sur [la] soutenabilité à long terme et [la] solidité financière» du nouveau système. L’exécutif se laisse du temps, la concertation «nous amène déjà en avril-mai», indique le Haut-commissaire, et avec les élections européennes, l’adoption de la réforme est désormais attendue «dans le courant de l’année 2019».