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Le fonds en euros : un placement pour financer ... la dette

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Le fonds en euros : un placement pour financer ... la dette

Pendant de nombreuses années, le fonds en euros a fait le succès des compagnies d’assurance et a constitué un placement gagnant pour les épargnants. Faisant office de vraie martingale en cumulant tout ce qu’on peut attendre d’un placement financier : rendement, sécurité, liquidité et fiscalité avantageuse. Il a donc toute sa place dans une allocation patrimoniale. Les investisseurs ne s’y sont pas trompés en se portant massivement sur ce support qui a encore capté 86% des cotisations des contrats d’assurance vie en 2013, soit 102,8 milliards d’euros.

Mais depuis plus de dix ans, le rendement moyen net de frais de gestion n’a cessé de s’effriter, passant de 5,3% en 2000 à 2,8% en 2013. Une fois les 15,5% de prélèvements sociaux actuellement en vigueur ponctionnés, le rendement tombe à 2,37%, ce qui reste supérieur à l’inflation et à certains produits défiscalisés comme le Livret A (1,25%). Et les perspectives pour 2014 sont encore orientées à la baisse. La principale raison de cette érosion : la chute des rendements obligataires, notamment des emprunts d’Etat de long terme, qui composent en grande partie l’actif des fonds en euros (environ 80%). L’OAT à 10 ans français est ainsi passé de 4,25% il y a 10 ans à environ 2% aujourd’hui.

Si cet environnement de taux d’intérêt bas pénalise le rendement des fonds en euros, et in fine les épargnants, il n’est pas pour déplaire aux autorités françaises qui peuvent ainsi emprunter à moindre frais. Ce qui pourrait durer encore quelques temps. En outre, l’application de Solvabilité 2 au 1er janvier 2016 n’améliorera pas forcément les choses puisque ces nouvelles règles prudentielles limitent le recours à certaines classes d’actifs (actions, immobilier, alternatifs...) susceptibles de générer de la performance à long terme mais mobilisant d’importants fonds propres. Les assureurs pourraient toujours privilégier les OAT ou le crédit à court terme qui ne rapportent actuellement pas grand chose, mais qui ne leur coûte rien en termes de fonds propres. Et pour le plus grand bonheur du gouvernement, ils continueraient à soutenir la dette française. Ainsi, le fonds en euros apparaît aujourd’hui clairement comme un outil de financement du déficit de la France, dont les autorités ne pourraient pas se passer.

Par conséquent, pour continuer à bénéficier des avantages fiscaux, successoraux de l’assurance vie, et obtenir du rendement, les épargnants n’ont d’autres choix que de prendre davantage de risque.

David Guéganic

Dernière mise à jour à 14h25
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