La Maif met sa gouvernance en conformité avec Solvabilité 2

La mutuelle d’assurances a fait voter le 6 février dernier en assemblée générale extraordinaire de nouveaux statuts.

Alors que la directive Solvabilité 2 est entrée en vigueur en France au 1er janvier dernier, la Maif s'est dotée d'une nouvelle structure de gouvernance pour répondre à ses exigences. Les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général sont désormais distinctes, Dominique Mahé demeurant président mais abandonnant la direction générale à Pascal Demurger. «Ce schéma de gouvernance est celui qui répond le mieux aux exigences nouvelles de Solvabilité 2, explique Dominique Mahé. C'est aussi celui qui place davantage encore le conseil d'administration au coeur de notre gouvernance.»

Le deuxième pilier de la directive, concernant les exigences qualitatives, exige en effet que «l'entreprise veille à ce qu'au moins deux personnes dirigent effectivement l'entreprise et interviennent dans toute décision significative avant que celle-ci ne soit mise en oeuvre». Alors que de nombreux assureurs mutualistes ont dû revoir leur structure de gouvernance, «on a pris Solvabilité 2 comme une opportunité de réfléchir au meilleur schéma pour nous», estime Pascal Demurger.

Réorganisation du comité exécutif

Cette division des fonctions exécutives a été adoptée lors d'une assemblée générale extraordinaire des sociétaires qui a eu lieu samedi 6 février, après un vote favorable et unanime du conseil d'administration en septembre dernier. Elle s'accompagne d'une réorganisation du comité exécutif de la mutuelle d'assurances, avec notamment la création d'une direction déléguée «solutions assurances de personnes», confiée à Thierry Couret. 

Dans le cadre du plan stratégique de la Maif pour 2015-2018, qui met l'accent sur le digital et l'économie collaborative, le directeur général de Maif Avenir Nicolas Boudinet a été nommé au sein du comité exécutif. Maif Avenir est le fonds d'investissement maison dédié aux start-up du digital et de l'économie collaborative, doté de 125 millions sur 3 ans et qui a notamment signé un partenariat avec l'accélérateur et l'espace de «co-working» Numa à Paris. Cet axe de développement est important pour l'assureur. «Ce qui fait vivre la Maif aujourd'hui n'est pas forcément ce qui la fera vivre demain, explique Pascal Demurger. Les enjeux de la rupture digitale dépassent, de loin, tous les défis que la mutuelle a connus et relevés jusqu'à présent.»