La facture de la pandémie se dessine pour les assureurs

Bertrand De Meyer
Le marché de l’assurance Lloyd’s of London a annoncé s’attendre à verser 6,2 milliards de livres de dédommagements à ses clients. En France, la pandémie a coûté 3 milliards d’euros.
REA

Les assureurs payent leur écot à la crise. Mardi 30 mars, le Lloyd’s of London, le marché de l’assurance britannique, a relevé son estimation du coût de la crise. Il a précisé lors de la présentation de ses résultats annuels s’attendre à ce que les indemnisations des entreprises à la suite de la crise sanitaire atteignent 6,2 milliards de livres (7 millions d’euros), contre 5 milliards de livres précédemment anticipés. Des conséquences plus importantes que celles du 11 septembre (4,7 milliards de livres).

Les conséquences de la pandémie sont bien visibles : avec une perte de 887 millions de livres pour l’année complète sous l’effet de 3,4 milliards de livres de sinistres liés au Covid, elle contribue à hauteur de 13,3% du ratio combiné (frais de gestion et coûts des sinistres rapportés aux primes). Encore, elle a récupéré 2,6 milliards de livres auprès des réassureurs. Finalement, le ratio combiné (mesuré par le rapport des indemnités versées augmentées des charges par les primes reçues par l’assureur) s’établit à 110,3% en 2020 contre 102,1% en 2019. Sans le Covid, il se serait inscrit à 97%, permettant de dégager un bénéfice de 800 millions de livres. Le ratio de solvabilité ressort à 209% (238% en 2019).

En France, le ratio de solvabilité des assureurs a mieux résisté. Selon la Fédération française de l’assurance (FFA), le ratio de solvabilité des sociétés non-vie a diminué de 5 points à 265% tandis que celui des sociétés vie et mixtes accuse une baisse de 34 points à 225%. En tout, le choc sur les indemnisations est de 2,9 milliards d’euros. Il concerne pour 3,3 milliards d’euros les entreprises et 800 millions d’euros la santé et la prévoyance, mais la baisse des sinistres en assurance auto diminue l’addition de 1,2 milliard d’euros. Les assureurs ont aussi dépensé 1,7 milliard d’euros en gestes de solidarité.

De manière indirecte, la crise a aussi participé, par les impératifs de la politique monétaire pour le soutien à l’économie et la relance, à pérenniser des taux bas qui plombent les revenus d’investissement des assureurs. Du côté du Lloyd’s of London, on relate ainsi des revenus de placements de 2,3 milliards de livres (rendement de 2,9%) contre 3,5 milliards de livres en 2019 (rendement de 4,8%). En France, l’assurance vie a particulièrement souffert, avec un taux de rendement moyen net de frais pour les fonds en euros de l'assurance vie de 1,30 % en 2020 contre 1,50 % en 2019.