La Cour des comptes appelle à uniformiser les efforts en matière de retraite

Les réformes concernant le régime général et le régime complémentaire ont été menées de manière discontinue, affirme la Cour qui préconise également une meilleure interdépendance entre les régimes de retraite.

La dynamique des réformes sur le dossier des retraites suit une tendance discontinue. C'est le constat de la Cour des comptes dans le chapitre consacré aux retraites au sein du rapport annuel consacré aux comptes de la Sécurité sociale.

Dans son rapport, la Cour fait le point sur les différentes réformes menées depuis 1993 concernant le régime général (loi de 2013 sur l'Augmentation de la durée de cotisation, réforme de 2010 sur le report de l'âge légal de départ...) et les régimes complémentaires (accord de 2003 sur la hausse des cotisations Agirc et les différents accords sur la sous-indexation des prestations par rapport aux salaires, voir le tableau en fin d'article).

Bilan: les réformes concernant le régime de base ont été menées de manière trop discontinue, juge la Cour affirmant que les efforts ont été supportés pour l’essentiel par les actifs via les hausses de cotisations et les futurs retraités, à l'exception du changement du mode d’indexation des retraites. «De mêmes générations ont parfois assumé ces efforts d’abord en tant que cotisants, puis comme retraités», explique l'étude, qui ajoute que les réformes ont été plus continues en ce qui concerne les régimes complémentaires, évitant ainsi les «ajustements brutaux».

En outre, la Cour des comptes critique le manque d'interdépendance entre les différents régimes, appelant à une véritable «coordination». «Cette interdépendance peut affecter les décisions. Ainsi, les gestionnaires des régimes complémentaires pourraient reporter certains efforts en escomptant qu’une réforme à venir au régime général (par exemple, une augmentation des bornes d’âge) aura mécaniquement des effets favorables sur leur situation financière», explique la Cour.