La baisse des rendements menace les retraites complémentaires de l’UMR

Laurence Pochard
La crise sanitaire, sociale et économique liée au Covid-19 perturbe le taux de couverture des engagements des régimes d’épargne retraite par capitalisation.

La crise actuelle des marchés résultant de la pandémie de coronavirus pourrait entamer les retraites complémentaires de l’Union Mutualiste Retraite. A l’occasion de la publication de son rapport annuel 2019, le groupe prévient que «si les conséquences de cette crise systémique s’avéraient durables, elles pourraient impacter le rendement des actifs, la couverture de la solvabilité de l’UMR ainsi que celle des engagements du Corem [produit d'épargne retraite, ndlr]. Dans ce cas, un ajustement des paramètres sur ce régime ne serait pas à exclure à moyen terme.»

Proposition de baisse de la valeur de service du point

En effet, au 31 décembre 2019, le taux de couverture du régime s’élevait à 96,5%, en légère baisse par rapport à 2018 (98,2%). Cette régression s’explique en grande partie par la diminution des taux d’intérêts entre 2018 et 2019. Si le ratio de couverture est à nouveau inférieur à 100 % fin 2020, une mesure de baisse de la valeur de service du point sera soumise à approbation des instances de l’UMR car il s’agira du troisième exercice consécutif pour lequel le taux de couverture serait inférieur à 100%. Ce qui préfigure une baisse des futures rentes.

L’UMR a fait un point depuis fin mars dans un complément à son rapport sur la stabilité et la situation financière (SFCR) : «Sur le plan économique, les statistiques sont chaque jour un peu plus impressionnantes : des contractions comprises entre 7% et 10% des PIB 2020 des grandes économies développées sont désormais annoncées. Cela se traduit par une forte baisse de la valeur de marché des actifs en représentation des engagements (diminution des plus-values latentes de plus de 700 millions d’euros sur Corem et de plus de 100 millions d’euros sur le régime R1).» La solvabilité s’en ressent, avec un taux de couverture du capital de solvabilité requis (ou SCR) passant ainsi de 263,8% à la fin de l’exercice 2019 à 230% au 31 mars 2020.

A la fin de 2019, l’Union supervisait 11,2 milliards d’euros en valeur de marché d’actifs sous gestion pour ses différents régimes.