Emmanuel Macron veut mener à bien la réforme des retraites

Le président de la République a invité le gouvernement à trouver "un compromis rapide".
Bloomberg

Par Erick Jarjat, Instit Invest (Groupe Agefi)

Une volonté assumée qui ne semble pas fléchir. Le président de la République persiste et signe. Emmanuel Macron a réaffirmé sa détermination à "mener à bien la réforme des retraites" lors de ses voeux aux Français mardi dernier, tout en pressant le gouvernement de "trouver un compromis rapide". "Je mesure combien les décisions prises peuvent heurter et susciter des craintes et des oppositions", a reconnu le président.

"Faut-il pour autant renoncer à changer notre pays, notre quotidien ? Non. Car ce serait abandonner ceux que le système a déjà abandonné, ce serait trahir nos enfants, leurs enfants après eux, qui alors, auraient à payer le prix de nos renoncements. C'est pour cela que la réforme des retraites sera menée à son terme", a-t-il ajouté.

Le chef de l'État n'a pas mentionné l'âge pivot, dont la CFDT a fait une "ligne rouge", malgré l'appel d'une quinzaine de députés de la majorité dans une tribune de presse mardi. Il a en revanche conforté une ouverture sur un autre sujet défendu par la CFDT : la question de la pénibilité, promettant de prendre "en compte les tâches difficiles pour permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt sans que cela soit lié à un statut ou à une entreprise""Avec les organisations syndicales qui le veulent, j'attends du gouvernement d'Edouard Philippe qu'il trouve la voie d'un compromis rapide", a tranché Emmanuel Macron.

"Je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'espace à la négociation", a réagi immédiatement sur le plateau de BFMTV le numéro 1 de Force ouvrière, Yves Veyrier, à l'initiative du mouvement de grève avec la CGT, Solidaires et la FSU depuis le 5 décembre. "Ces formules d'apparence très généreuse sont celles qu'on nous rabâche depuis deux ans et demi", a-t-il poursuivi, estimant qu'"elles n'ont pas réussi à convaincre ni à remporter l'adhésion".

"Ce ne sont pas des voeux mais une déclaration de guerre aux millions de Français qui refusent sa réforme. Tout le reste de son discours sonne faux et creux", a tweeté Jean-Luc Mélenchon (LFI). Pour Fabien Roussel (PCF), le président a "choisi le bras de fer. C'est donc un appel à la mobilisation totale !"

Autrement dit, le conflit semble plus que jamais dans l’impasse, alors que la concertation entre Édouard Philippe et les syndicats doit reprendre le 7 janvier.