Dans un contexte de taux d’intérêt historiquement bas, les obligations ont-elles encore de l’attrait ?

Jean-François Bay, directeur général Morningstar France

Dans un contexte de taux d’intérêt historiquement bas, les obligations ont-elles encore de l’attrait ?

La classe d’actifs obligataire offre un univers très large de sources de rendement comme la dette émergente, le crédit, le high yield, la dette infrastructure, les loans... Pour en tirer parti, il convient de privilégier une diversification flexible de son allocation entre ces différents moteurs en tenant compte des cycles propres à chacun des marchés et aux risques associés (émissions, liquidité…). Ces marchés exigent des compétences pointues et restent l’apanage des spécialistes. Par ailleurs, pour des raisons de diversification, il est plus judicieux d’en déléguer la gestion à travers un fonds.

Qu’en est-il des fonds actions labellisés « rendement » ?

Il est intéressant d’appréhender la notion de rendement ou « income » au sens large, c’est-à-dire en incluant les actions. Dans l’environnement de taux d’intérêt bas, où les banques centrales sont à la manœuvre, les investisseurs ont compris que la volatilité avait fortement diminué et que le risque de forte baisse sur les actions avait quasiment disparu, donnant ainsi un plancher aux marchés actions tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Par conséquent, les actions apparaissent comme un placement « quasi-obligataire » que l’on achète pour leur dividende. Aujourd’hui, en moyenne, le rendement des dividendes en zone euro est de +3% alors que celui des obligations de ces sociétés est de +1,5%, soit un écart de +1,5%. Sur des valeurs comme Total, EDF ou Sanofi, cet écart peut atteindre plus de 3% !

Propos recueillis par D. G.