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Big Data: de la rupture technologique à la thématique d'investissement

Big Data: de la rupture technologique à la thématique d'investissement

En matière d’innovation et de création de valeur, la gestion d’un flux exponentiel de données s’impose comme l’un des faits marquants de ces dernières années. Elle est à l’origine d’une révolution industrielle globale avec des retombées financières se chiffrant en centaines de milliards de dollars.

Volume, variété et vélocité. C’est autour de ces mots que s’est affiné le concept de big data, apparu en 2011. « C’est un flux exponentiel de données (volume) qui ne sont pas forcément par nature compatibles entre elles (variété) mais qui seront croisées et interprétées de plus en plus souvent en temps réel (vélocité) », résume Jacques-Aurélien Marcireau, gérant actions internationales chez Edmond de Rothschild Asset Management (France). Les données (structurées) ont toujours existé. C’est, en revanche, la capacité à stocker et à analyser un volume conséquent de données non structurées qui a rendu possible l’avènement du big data. D’un côté, les coûts de stockage, jusque-là prohibitifs, ont été très fortement réduits. Si une clé USB d’un gigaoctet ne coûte aujourd’hui que quelques dollars, il fallait en débourser 40 000 au début des années 80 pour acquérir le premier disque dur IBM 3380 de même capacité et de l’envergure d’un réfrigérateur. D’un autre côté, l’innovation sans cesse repoussée a permis d’analyser et de recouper ces données. A titre d’exemple, le logiciel open source Hadoop, créé par Google, et sa technologie de traitement massivement parallèle (MPP) ont rendu possible l’analyse simultanée de données complexes. Il s’agit d’un cap important au regard de la multiplication des données numériques qui atteindront 35 000 exaoctets* en 2020, soit vingt fois plus qu’en 2010. Or, selon l’IDC (International Data Corporation), seules 0,5 % des données générées dans le monde sont aujourd’hui analysées. Pour le secteur technologique, la création de valeur inhérente au big data est évidente. Les grands acteurs, à l’instar d’IBM, Cisco ou encore Microsoft, ont depuis plusieurs années investi d’importantes sommes dans la construction de datacenters et de solutions dédiées à l’analyse de données. «Demain, leur périmètre de développement ne se limitera plus aux simples entreprises ou aux administrations mais à des villes entières (smart cities), souligne Jacques-Aurélien Marcireau. L’ambition est de leur proposer des solutions globales clé en main avec un acteur qui peut tout gérer de A à Z.» Ainsi, les estimations actuelles évaluent à 100 milliards de dollars le marché des smart cities à l’horizon 2030. Les poids lourds du secteur ne sont pas les seuls à s’être engouffrés dans la brèche.

Parallèlement, comme à l’âge d’or d’internet, l’engouement pour le big data a vu réapparaître le modèle des start-up innovantes, tombées en disgrâce après l’éclatement de la bulle internet. Cette renaissance est-elle pour autant synonyme d’une récidive des excès du passé ? « Non », répond Jacques-Aurélien Marcireau qui estime qu’il n’y a pas aujourd’hui de survalorisation du secteur technologique. « En revanche, des micro bulles spéculatives se forment sur certains sous-segments, explique-t-il. L’exemple le plus flagrant est celui de la sécurité. Il y a un réel besoin en matière de cybersécurité, mais les valorisations boursières sont complètement déconnectées de l’opportunité économique pour les acteurs du secteur et personne ne dispose d’une recette miracle. » Dans un autre domaine, les bracelets connectés ont connu ces derniers temps un « effet de mode » qui a poussé les marchés vers des excès de valorisation. A l’image du titre Fitbit qui s’est envolé de près de 50 % le jour de son introduction en Bourse en juin dernier. Si certains y voient le nouveau coach personnalisé de millions d’Américains, s’appuyant sur la donnée recueillie pour les aider à avoir une meilleure hygiène de vie, d’autres constatent qu’un tiers des bracelets vendus sont déjà inactifs, et les barrières à l’entrée faibles.

Mais ces micro bulles - propres au secteur technologique - ne restent que des cas isolés au regard de la tendance longue que représente le big data. Ses implications pour les industries traditionnelles sont vastes. Dans le secteur de la santé par exemple, le séquençage du génome humain peut être désormais réalisé en quelques heures pour 1 000 dollars alors qu’il demandait la coordination de sept ou huit centres de recherche et en coûtait un milliard, il y a quinze ans. L’automobile est également un exemple concret avec l’avènement prochain des véhicules autonomes : sept États américains autorisent déjà leur circulation. Cela pourrait réduire considérablement le nombre d’accidents et procurer d’importants bénéfices qui se chiffreront en points de PIB. « 80 millions de véhicules sont vendus dans le monde chaque année, indique Jacques-Aurélien Marcireau. Si l’on prend en compte une croissance du marché de 3 % par an, le contenu électronique embarqué - semi-conducteurs, softwares - dans un véhicule autonome a une espérance de croissance, au minimum, deux fois supérieure à ce rythme. » Si l’opportunité est sans ambiguïté pour les acteurs technologiques, les constructeurs automobiles sont quant à eux face à un dilemme : faire alliance avec Google ? Développer leurs propres solutions pour être le nouvel Apple de l’automobile ? Se concentrer sur l’assemblage ? Ces choix stratégiques auront d’importantes répercussions en termes de création/destruction de valeur boursière. Transport, distribution, assurance, services aux collectivités, énergie… A terme, des pans entiers de l’économie sont concernés par la révolution des « données massives ».

Au point que le sujet est devenu une thématique d’investissement à part entière. A l’image des acteurs du secteur technologique, Edmond de Rothschild Asset Management (France) innove avec son fonds Edmond de Rothschild Fund Global Data. « L’approche du fonds consiste à investir en amont dans les sociétés technologiques qui permettent cette révolution et d’identifier en aval les sociétés dans les secteurs traditionnels de l’économie qui pourraient en tirer parti pour créer de la valeur, argumente Jacques-Aurélien Marcireau. La transversalité est une composante clé de la thématique du fonds. » Si l’innovation sans cesse répétée génère du rendement, cela crée aussi de l’obsolescence et donc du risque. Pour éviter ces écueils et parer les « effets bulle », le fonds s’appuie sur une analyse fondamentale poussée et des experts indépendants, notamment du monde de la recherche. Une approche qualitative de stock-picking qui permet d’être au plus près des acteurs technologiques (minimum 51 % du fonds) et d’investir sur certains bénéficiaires au sein des industries traditionnelles.

*un exaoctet = un milliard de gigaoctets

 

Document non contractuel exclusivement conçu à des fins d’information. Les données chiffrées, commentaires et analyses figurant dans cette présentation reflètent le sentiment de Edmond de Rothschild Asset Management (France) et de ses filiales sur les marchés, leur évolution, leur réglementation et leur fiscalité, compte tenu de son expertise, des analyses économiques et des informations possédées à ce jour. Ils ne sauraient toutefois constituer un quelconque engagement ou garantie de Edmond de Rothschild Asset Management (France). Tout investisseur potentiel doit se rapprocher de son conseiller afin de se forger sa propre opinion sur les risques, indépendamment de toute entité du Groupe Edmond de Rothschild, et sur leur adéquation avec sa situation patrimoniale et personnelle. A cet effet, il devra prendre connaissance du prospectus ou du document d’informations clés pour l’investisseur (DICI) remis avant toute souscription et notamment disponible gratuitement sur edram.fr. Edmond de Rothschild Fund - Global Data est un compartiment de la SICAV de droit luxembourgeois agréée par la CSSF et autorisé à la commercialisation en France. La gestion financière de Edmond de Rothschild Fund - Global Data est déléguée à Edmond de Rothschild Asset Management (France), qui agit également en tant que Distributeur global.

Les investissements des Compartiments sont soumis aux fluctuations normales des marchés et aux autres risques inhérents aux investissements en valeurs mobilières, et aucune garantie ne peut être donnée que le capital s’apprécie ou que des distributions soient effectuées. La valeur des investissements et des revenus qu’ils génèrent peut tout aussi bien baisser que monter, et l’investisseur n’a pas la garantie de récupérer le montant investi.

 

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