L’infrastructure s’ouvre aux particuliers

Swen Capital Partners lance son premier fonds d’infrastructures dédié à la gestion privée

Dans la famille non coté je voudrais l’infrastructure ! A la traîne par rapport à l’immobilier, le private equity et même la dette privée, l’infrastructure a encore du mal à se faire une place chez les investisseurs particuliers. En cause, la durée d’immobilisation du capital, comprise généralement entre 10 ans et 15 ans, jugée trop longue par la plupart des experts dans le cadre de la gestion privée.

Swen Capital Partners (CP), société de gestion spécialisée dans l’investissement durable en non coté, ne partage pas cet avis et vient de lancer un Fonds professionnel spécialisé (FPS) dédié à cette classe d’actifs. Baptisé Swen Exclusive Infrastructures, le fonds s’adresse à une clientèle d’investisseurs avertis à partir d’un engagement de souscription de 200.000 euros. Le véhicule ne gomme pas les réticences exprimées plus haut puisqu’il s’agit d’un fonds fermé d’une durée de vie de dix ans prorogeable deux fois d’un an. Aucune sortie avant la fin de vie du fonds ne sera donc possible, hors rachats dérogatoires. « Dans les infrastructures, il faut se donner du temps pour construire de la valeur durable. Elles sont adaptées au long terme et ne sont pas nécessairement corrélées aux cycles économiques », fait valoir Xavier le Blanc, directeur de la gestion innovation et la gestion privée chez Swen CP, qui précise que les premières distribution devraient intervenir au bout de sept ans.

 

Un partenariat stratégique

Mais la société n’a pas foncé tête baissée. Afin de coller au mieux aux attentes des clients privés, elle s’est rapprochée du groupe Crystal, avec qui elle partage un actionnaire commun (le groupe OFI). L’un des poids lourds de la gestion de patrimoine a ainsi aidé Swen CP à construire le véhicule. La commercialisation du produit s’appuiera d’ailleurs dans un premier temps sur les conseillers de Crystal.

Le fonds vise une taille cible de 60 millions d’euros et un objectif de Taux de rendement interne (TRI) net compris entre 8 % et 10 %. Il donnera accès à un portefeuille composé d’environ 40 participations dans des secteurs diversifiés tels que les télécommunications, le transport durable, la transition énergétique ou les infrastructures sociales. A noter que le fonds co-investira aux côtés du fonds Swen Infra Multi-Select 4 (SIMS 4) qui propose un programme d’investissement essentiellement européen.

Le programme d’investissement du fonds comporte trois volets :

- Environ 50 % investis en direct dans des projets d’infrastructure, aux côtés des partenaires d’investissement historiques de la société ;

- Environ 40 % dans des fonds d’infrastructure non cotés déjà déployés en tout ou partie à travers des opérations secondaires ;

- Jusqu’à 10% dans des indices cotés et fonds infrastructures ouverts (poche liquide).

S’il est encore trop tôt pour donner des exemples précis, Xavier le Blanc indique que : « plusieurs opportunités sont à l’étude, incluant un réseau de fibre optique en Europe du Sud, une utility nordique combinant valorisation énergétique des déchets et réseau de chaleur en Scandinavie, ainsi qu’une opportunité de secondaire sur un fonds paneuropéen core+. »

Les investisseurs bénéficieront également de l’expertise historique de la société en matière d’analyse ESG. Quatre marqueurs ESG ont été choisis pour permettre d’évaluer la maturité des sociétés de gestion et des actifs. Les équipes peuvent identifier des axes d’amélioration et suivre leur évolution. Selon le profil marqueur des actifs, une démarche d’engagement et de dialogue sera organisée par la société. Enfin, en phase avec la raison d’être et les valeurs de Swen Capital Partners, le fonds mettra progressivement en oeuvre la méthodologie « Net Environnemental Contribution » (1) en démarrant par ses investissements directs.

 

(1) La NEC mesure le degré d’alignement d’une activité (entreprise ou projet) avec la transition écologique et climatique. Elle intègre non seulement l’enjeu climatique mais aussi la biodiversité, l’eau, les déchets/ressources et la qualité de l’air.