Oui, l'investissement peut être au service des générations futures

Emmanuel Sackmann, directeur régional France chez eToro
Il n'en reste pas moins que pour beaucoup, placer son argent là où se trouvent ses convictions et ses valeurs est un pas difficile à franchir.

Plus que jamais, les investisseurs réalisent que nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas investir dans l'avenir des générations futures. Ce qui a commencé comme un mouvement populaire est maintenant suivi par les gouvernements du monde entier, qui adoptent des mesures concrètes pour promouvoir les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). La volonté de tendre vers des comportements plus responsables n'est pas une tendance passagère : elle est là pour durer, y compris dans le monde de l’investissement.

Prise de conscience mondialisée

De quoi parle-t-on lorsqu'on évoque l’investissement responsable ? Concrètement, l'investissement responsable est le fait de prendre des décisions d'investissement basées, au moins en partie, sur des critères éthiques. Alors qu'une grande partie de l'investissement traditionnel se préoccupe uniquement de savoir quels actifs prendront de la valeur pour générer les résultats économiques les plus positifs, les investisseurs responsables accordent une plus grande importance à ce qu’ils jugent juste et moral, parfois au détriment du résultat net.

De plus en plus d’investisseurs s’attachent, au travers de leurs choix, à protéger les écosystèmes, à œuvrer en faveur de la justice sociale, à préserver la planète et l’humanité. Selon un sondage IFOP pour le Forum de l'Investissement Responsable, 59 % des épargnants français déclarent qu'ils trouvent important de prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placements. En pratique, le Retail Investor ‘Beat’ d’eToro révèle que 43 % de ses utilisateurs utilisent les données ESG pour s’assurer que leurs investissements sont bien alignés avec leurs convictions.

Toutefois, pour beaucoup, placer son argent là où se trouvent ses convictions et ses valeurs est un pas difficile à franchir. Éviter les entreprises aux pratiques sociales douteuses requiert parfois un travail d’investigation qui peut sembler décourageant, alors même que des outils d’informations performants existent, à l’instar du label ISR - pour Investissement Socialement Responsable.

De prime abord, investir dans des entreprises qui luttent contre la pollution, le changement climatique et la destruction de l'environnement peut aussi sembler contre-intuitif. Pourtant, les investissements responsables peuvent se révéler judicieux d'autant plus que les politiques gouvernementales, comme les accords de Paris, vont désormais dans le sens d'une réglementation mondiale plus stricte des industries en matière environnementale.

Plusieurs secteurs font la part belle à l'investissement responsable

Prenons par exemple l'énergie solaire, qui n'est pourtant pas nouvelle, mais qui bénéficie de nouvelles technologies impliquant la réduction des coûts de fabrication permettant enfin à l'énergie solaire d’être une possibilité pour le grand public comme pour la production d'électricité à grande échelle. Le vent est également une autre ressource naturelle renouvelable qui existe en abondance et qui est présente sur les marchés. L'utilisation des moulins à vent pour produire de l'énergie est antérieure à l'invention de l'électricité. Avec le développement de nouvelles technologies, le marché mondial moderne de l'énergie éolienne devrait atteindre près de 100 milliards de dollars d'ici 2025.

Les transports utilisant des combustibles fossiles sont la principale cause des émissions de gaz carbonique qui contribuent au changement climatique. De fait, les voitures électriques hybrides sont déjà une réalité et l'industrie automobile s'oriente progressivement vers des véhicules entièrement électriques, ce qui présente une variété de nouvelles opportunités d'investissement. Par exemple, à la fin de 2020, la capitalisation boursière de Tesla était plus importante que celle de presque tous les constructeurs automobiles traditionnels réunis (NDLR. 669 milliards de dollars contre 654 milliards de dollars. Source : Bloomberg).

Le critère environnemental ne doit pas faire oublier les aspects sociaux de l'ESG

Bien qu’il soit dans l’esprit de nombreux investisseurs un critère uniquement relatif à l’environnement, il ne faut pas omettre les véritables aspects sociaux et sociétaux de l'ESG.

Car dans les faits, les critères ESG vont également devenir de réels révélateurs de la façon dont les entreprises gèrent leurs employés et l’ensemble de leurs chaînes de production et distribution. De manière très concrète, la notation ESG va prendre en compte l’égalité des sexes, la diversité, mais aussi des aspects plus méconnus, tels que les formations promulguées aux employés ou le dialogue mise en place avec les partenaires sociaux. Ainsi, l’investissement ESG va permettre à l’investisseur de choisir une entreprise réussissant à réunir une véritable éthique sociale, loin des campagnes de social washing.

Vous l’aurez compris, l’investissement responsable est avant tout une question de volonté de la part des investisseurs. Son évolution ces dernières années permet à n’importe quel investisseur, un minimum curieux et engagé, de disposer d’un choix pléthorique d’opportunités responsables. Il appartient donc maintenant à chacun d’opérer à son échelle la transition écologique, tant espérée et nécessaire, dans notre secteur de la finance.