L’industrie des cryptoactifs veut ériger la France en moteur

La rédaction
L'Association pour le développement des actifs numériques publie aujourd'hui une série de vingt propositions en vue de l'élection présidentielle. 
(Pete Linforth/Pixabay)

"Nous souhaitons ancrer le sujet de l’industrie des cryptoactifs au cœur du prochain quinquennat", confie à L'Agefi Faustine Fleuret, la présidente de l'Association pour le développement des actifs numériques (Adan). Le lobby publie aujourd'hui une série de 20 propositions adressées aux candidats à l'élection présidentielle française. Ces mesures visent à ériger la France comme moteur dans ce secteur qui manque encore de reconnaissance. 

Selon une étude menée par l’association, 8% des Français posséderaient à ce jour des cryptoactifs. 

En France, «nous avons une industrie déjà développée et structurée, avec des talents et un socle réglementaire : nous avons intérêt à préserver ce socle actuel et à l'imposer», estime Faustine Fleuret

Pour l’Adan, les cryptoactifs sont une opportunité pour la France dans de nombreux domaines, du financement de l’économie, en passant par l’emploi ou encore la sécurité. Par exemple, selon les données du site de recherche d'emplois Indeed, les recrutements au niveau mondial dans le secteur des actifs numériques ont crû de 118% entre juillet 2020 et juillet 2021.

Deux licornes dans le secteur crypto 

La France «a compris l’enjeu de réglementer le secteur, mais nous sommes moins bons sur le développement de champions numériques. Nous avons pris du retard en matière de développement numérique dans les années 2000 expliquant que nous n’avons pas de Gafa européen. Nous ne devons pas reproduire cela pour l'internet de la valeur», indique Faustine Fleuret. Il en irait, en outre, de la souveraineté numérique en France et en Europe, assure l'Adan. A ce jour, sur les 26 licornes françaises, seuls deux sont des cryptoacteurs, Ledger et Sorare.

L’Adan propose par exemple de créer des guichets dédiés au financement des technologies blockchain et des cryptoactifs pour les investisseurs publics. Elle suggère par ailleurs d’identifier explicitement la blockchain et les cryptoactifs comme des technologies d’avenir et de définir une stratégie nationale d’accélération pour l’innovation qui y soit consacrée. Elle souhaite aussi favoriser l'essor de cryptoactifs d'initiatives privées et européennes adossées à l’euro.

De même, l’Adan plaide pour une harmonisation des règles de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) au niveau européen. «Pour nous, l’enjeu est que tous les acteurs européens respectent la 5e directive européenne, dit Faustine Fleuret.  En France, la réglementation PSAN agit en ce sens, mais il existe encore beaucoup de concurrence illégale dans ce domaine. Avec une harmonisation et davantage de supervision dédiée à la LCB-FT, on espère que ces comportements de concurrence illégale prennent fin, car aujourd'hui ils sont tolérés au détriment des acteurs les plus vertueux en matière de règlementations». De surcroît, l’association propose d’édicter des règles claires notamment en matière de connaissance client (KYC).

Alors que les cryptomonnaies sont souvent critiquées en raison de leur impact sur l’environnement et le climat, l’Adan propose enfin des mesures correctrices, comme de recourir aux actifs numériques pour faciliter le suivi de l’atteinte des objectifs fixés au niveau européen en matière de transition écologique. Reste à voir si ces propositions filtreront dans les programmes présidentiels.