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Les régulateurs européens veulent encadrer le boom des "robo-advisors"

Les régulateurs européens veulent encadrer le boom des "robo-advisors"

Une consultation publique est lancée pour analyser les risques et bénéfices liés à l’automatisation du conseil financier.

Par NewsManagers, le 7/12/2015

Les «robo-advisors» deviennent un sujet de préoccupation pour l'Union européenne. Les autorités de supervision des banques (EBA), des marchés (Esma) et de l'assurance (Eiopa) ont ouvert vendredi une consultation sur l'«automatisation du conseil financier». Les parties prenantes du secteur ont jusqu'au 4 mars prochain pour adresser leurs commentaires.

Les superviseurs souhaitent mesurer les risques et bénéfices potentiels des sites grand public et des prestataires de services qui fournissent un conseil personnalisé, basé sur l'analyse algorithmique du profil de risque de chaque client. La consultation ne vise pas les comparateurs de produits, sites d'information et banques en ligne classiques, mais les outils qui permettent de souscrire un crédit, une assurance ou un placement avec peu, ou pas, d'intervention humaine.

Au chapitre des risques, les autorités craignent que les consommateurs soient mal informés faute d'interaction humaine, et peu protégés en cas de conseil erroné, d'usage inapproprié de leurs données personnelles ou de défaillance des «robo-advisors». Une mauvaise configuration ou un piratage de ces nouveaux outils pourraient aussi porter préjudice aux institutions financières, d'autant que le partage des responsabilités entre les acteurs (banques, fintechs, etc) n'est pas toujours clair. Le développement des«robo-advisors» pourrait enfin entraîner des comportements grégaires chez les consommateurs, au risque de créer des effets procycliques et de la volatilité sur les marchés, craignent les autorités.

Les solutions automatisées, a priori faciles d'utilisation et bon marché, demeurent marginales mais pourraient connaître un développement exponentiel. A l'échelle mondiale, les actifs gérés par les «robo-advisors»pourraient atteindre 20 milliards de dollars en fin d'année et 450 milliards d'ici à 2020 selon les prévisions du cabinet MyPrivateBanking, reprises dans le discussion paper des superviseurs.

A l'instar de recommandations publiées par l'AMF et l'ACPR en France,«certains régulateurs nationaux ont pris des mesures spécifiques dans leur juridiction (...) mais aucune action harmoniée n'a été menée dans l'Union européenne à ce jour», soulignent les autorités. Autre obstacle, si la notion de «conseil» est à peu circonscrite dans l'Union européenne, le concept d'«automatisation» n'est pas défini.

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