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Les PME françaises se financent plus sur le marché que par le capital investissement

Les valeurs moyennes ont levé 2,7 milliards d’euros en 2013, 55% en Bourse et 45% via des placements privés. Le marché obligataire continue à croître

Renversement de tendance. Les levées de capitaux – en fonds propres comme en dette – des PME et ETI françaises ont bondi de 50% en 2013 à 2,7 milliards d'euros, constate l'Observatoire du financement des entreprises par le marché.

D'une part, 1,5 milliard d'euros (+33%) ont été levés en Bourse, en primaire et en secondaire. D'autre part, le financement en dette par placement privé a presque doublé (+83%) à 1,2 milliard d'euros. La vraie révolution de 2013. Toutefois, ces placements privés représentent moins de 1% des volumes de crédits bancaires accordés aux seules ETI (220 milliards d'euros l'an dernier). Pour la première fois les valeurs moyennes ont davantage fait appel à la Bourse et aux placements privés qu'au capital investissement, qui a apporté 2,5 milliards d'euros (+3%) l'an dernier.

Trois raisons expliquent cette dynamique, qui se confirme sur le premier semestre 2014. D'une part, le retour des investisseurs, grâce à la création de fonds de prêts à l'économie, au relèvement du plafond du PEA, à la création du PEA PME, et à l'introduction des contrats d'assurance vie Euro Croissance et Vie Génération. D'autre part, le développement du marché obligataire, qui continue de s'amplifier. Enfin, la mobilisation de la Place, de l'entreprise de marché avec le lancement d'EnterNext au régulateur qui a créé un poste de responsable des PME-ETI.

L'Observatoire attend de l'AMF une régulation «proportionnée» aux PME et une meilleure fluidité des rapports entre le gendarme boursier et les émetteurs. «Le régulateur doit servir des clients et non des assujettis», ajoute Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace. D'autres efforts restent à faire. «Il faut continuer à travailler l'accès au marché, explique Thierry Giami, président de l'Observatoire. Les commissions restent encore un peu élevées». Pour sa part, Euronext rappelle avoir déjà opéré des baisses de coûts. La vraie réduction des frais viendra avec l'augmentation des volumes. Le président de l'Observatoire attend encore des améliorations du côté de l'analyse financière et estime que le la France «est bien placée pour tenter une expérience en matière de marché de l'innovation».

A l'automne EnterNext fera des propositions concrètes pour dynamiser le marché des TMT, après avoir récemment noué un accord avec Morningstar sur l'analyse financière des 220 valeurs du secteur. Mais l'objectif n'est pas de créer un Nasdaq européen.

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