Les particuliers retrouvent le chemin de la Bourse avec FDJ

La Française des Jeux s’introduit en haut de fourchette à 19,90 euros par action. La part réservée aux personnes physiques a été relevée de 33% à 40%.

L'Agefi Quotidien

Autocongratulation pour Bruno Le Maire. A défaut de parvenir à lancer le processus de privatisation d’ADP, le ministre de l’Economie et des Finances s’est félicité hier du succès «spectaculaire» de l’entrée en Bourse de la Française des Jeux (FDJ) en haut de la fourchette indicative de 16,50 à 19,90 euros. FDJ capitalise ainsi 3,8 milliards d’euros. Le placement de 52% du capital par l’Etat lui permet d’empocher en net 1,8 milliard d’euros. Un montant qui sera intégralement versé au Fonds pour l’innovation et l’industrie, a précisé le ministre.

La demande a dépassé les 11 milliards d’euros, dont 10 milliards pour les institutionnels et 1,6 milliard pour les particuliers et les buralistes, au-delà des «espérances» du gouvernement. «En raison de la demande élevée, j’ai décidé de porter la part des titres réservée aux particuliers de 33% à 40%, a déclaré Bruno Le Maire. Les petits porteurs seront servis en priorité. » Pour les particuliers, qui bénéficiaient d’une décote de 2%, soit un prix de 19,50 euros par action, les ordres jusqu’à 2.000 euros ont été servis intégralement, et à hauteur de 10% entre 2.000 et 5.000 euros. Pour les buralistes, les offres ont été intégralement servies jusqu’à 7.500 euros.  

 «Cette opération est avant tout un vrai succès populaire et marque le retour en force des investisseurs individuels, avec près de 500.000 personnes physiques ayant pris part à l’opération, confie Pierre Troussel, co-responsable ECM France à la Société Générale. Seulement trois heures après l’ouverture de la période de souscription, le livre d’ordres était déjà couvert puis dès le deuxième jour couvert sur l’ensemble de la fourchette. Les banques avaient passé le message au marché mardi que les ordres inférieurs à 19,90 euros ne seraient sans doute pas servis. »

La part allouée aux investisseurs institutionnels, qui pèsera pour 56,3% de l’offre avec l’option de sur-allocation «a été massivement sursouscrite avec plusieurs centaines de lignes provenant de toutes les géographies, poursuit Pierre Troussel. Compte tenu de cette forte demande, la difficulté principale consistait à définir une allocation juste des investisseurs. Nous avons privilégié les actionnaires stables, de long terme et ayant activement participés à la dynamique favorable de cette opération».

Post-opération, l’Etat détiendra 20% du capital de FDJ, les particuliers 21%, les salariés passeront de 5 à 7%, et les associations d’anciens combattants se renforceront au-delà de leur 13,5%, a précisé Bruno Le Maire.