Les Français épargnent pour faire face à l'imprévu plutôt que pour un projet

Les Bretons sont les plus tournés vers les livrets d'épargne et les Franciliens vers les contrats d'assurance vie ou de capitalisation. Les Ligériens sont champions dans les deux catégories en même temps

Le manque d'appétence des Français pour le risque se retrouve dans les raisons qui les poussent à mettre de côté, d'après une étude Ifop réalisée pour Altaprofits. lls sont 72% à épargner pour faire face à un imprévu, du quotidien (55%) ou une situation exceptionnelle (34%). Moins de la moitié d'entre eux le font pour un projet de vie, qu'il soit à long terme (30%), comme un achat immobilier, ou à court terme (19%), comme un voyage. Ils sont presque autant (42%) à épargner simplement pour dissocier leurs économies de leur compte courant. 


Source : Altaprofits

Quand le risque n'est pas un projet

Les habitants des Hauts-de-France et les Bretons sont les plus marqués sur cette double tendance : respectivement 56% et 52% d'entre eux épargnent pour un imprévu, mais ils ne sont que 16% et 15% à le faire pour un projet. C'est dans ces même régions que l'on trouve l'appétence la plus faible pour le risque (77% et 74% de ces habitants préfèrent un produit sans risque même avec un faible rendement). La Bretagne est sur la deuxième place du podium du nombre de détenteur de livrets réglementés (87%), juste derrière les Pays de la Loire (88%). 

Les Franciliens et les habitants des Pays de la Loire, à l'inverse, sont les plus nombreux (37%) à placer sur un contrat d'assurance vie ou de capitalisation. Ceux du Centre-Val de Loire et des pays de la Loire sont les plus intéressés par la détention d'un PEA (17%). Enfin, pour trouver des adeptes du PER, il faut aller dans la région Grand Est ou toujours au Centre-Val de Loire (13% dans les deux territoires). 

De bon épargnants

Les récents évenements n'ont, selon Altaprofits, pas modifiés les comportements. «La succession d’évènements économiques de forte amplitude susceptibles d’avoir une incidence directe sur l’épargne des Français (reprise économique post-COVID très tôt suivie par une baisse du pouvoir d’achat lié à la remontée brutale de l’inflation, conflit armé en Europe) n’ont pour l’instant pas d’incidence sur la photographie de l’épargne des Français : plus de 8 Français sur 10 continuent de posséder au moins un produit d’épargne (84 %), près de 6 sur 10 en détiennent même plusieurs (56 %).»

Les trois quarts des sondés placent de l'argent au moins une fois tous les six mois, 42% chaque mois. Paradoxe, les habitants de la région Grand Est sont les moins nombreux à avoir au moins un produit d'épargne alors que c'est également sur ce territoire que l'on abonde le plus son produit d'épargne (97%). 

Des Français sceptiques sur le meilleur rempart contre l'inflation

L'immobilier est toujours considéré comme le meilleur rempart contre l'inflation (45%), devant l'assurance vie (26%), l'or (19%) ou la bourse (9%). La troisième place de ce podium revient en réalité à l'abstention : 24% des sondés considèrent qu'aucun de ces placements ne les sauvera de l'inflation. 

La Finance durable n'a pas la cote 

Les Français sont partagés sur l'intérêt d'investir durable, mais ceux qui y sont insensibles (41%) dépassent d'une courte tête les concernés (38%). «C’est en région que l’on trouve la plus forte sensibilité aux thèmes de la finance durable dans le cadre d’un placement financier avec 45 % pour les habitants des Pays de la Loire, 43 % pour ceux du Grand Est ; à l’opposé, les habitants de Normandie ont la plus faible sensibilité régionale (29 %)», rapporte Altaprofits. 


Source : Altaprofits

* Méthodologie : enquête réalisée par IFOP du 19 au 27 avril 2022, auprès d’un échantillon de 2 405 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et constitué selon la méthode des quotas. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne.