Les évolutions de consommation ont eu peu d’effet sur l’inflation

Xavier Diaz
L’Insee publie ce vendredi la mise à jour du panier de référence servant au calcul de l’indice des prix.

Comme chaque année, l’Insee modifie le panier de produits consommés servant de référence pour le calcul de l’indice des prix à la consommation (IPC). La nouvelle référence pour 2021 sera dévoilée vendredi lors de la publication de l’IPC définitif pour janvier. Une évolution qui aura une teneur particulière cette fois. Le panier repose sur la structure de consommation de l’année précédente. Or avec la crise sanitaire, elle a beaucoup évolué en 2020.

«Le panier de produits consommés est renouvelé tous les ans mais il demeure fixe au cours de l’année», explique Marie Leclair, cheffe de la division prix à la consommation à l’Insee. Ces produits gardent le même poids. «L’indice des prix n’est pas affecté par les changements de comportement de consommation, au cours de l’année, ni par les nouveaux produits ou les évolutions de qualité», poursuit-elle. En principe, la structure de la consommation évolue peu d’une année sur l’autre.

Mais cette hypothèse est malmenée par le choc majeur de la crise sanitaire. «Il était nécessaire de prendre en compte ce choc sur les comportements de consommation», note Marie Leclair. Eurostat a demandé à chaque pays de se caler sur les données conjoncturelles les plus récentes. L’Insee a pris en compte les dernières estimations des comptes nationaux trimestriels (consommation des ménages). Le poids de certaines dépenses comme l’alimentation ou les loyers devrait avoir augmenté alors que celui des produits culturels, de l’hôtellerie et de la restauration aura diminué. Mais il ne devrait pas y avoir d’évolution majeure dans les types de produits suivis, avec l’intégration toutefois des masques. Par ailleurs, les produits et services non disponibles du fait des restrictions (comme le cinéma) ne sont pas supprimés. Dans ce cas l’indice des prix est imputé (par rapport à des produits similaires, à l’IPC ou au dernier prix constaté).

Il est toutefois peu probable que le changement du panier provoque des évolutions majeures de l’inflation. «Nous avons développé dès avril 2020 un indice des prix alternatif qui prenait en compte la structure de la consommation chaque mois», poursuit la statisticienne, avec des écarts mineurs de 0,1-0,2 point par rapport à l’indice officiel. En avril, par exemple, l’indice alternatif a augmenté de 0,2% quand l’IPC était stable : la chute du prix des carburants a eu un impact moindre sur l’indice alternatif car en plein confinement les consommateurs n’ont pu en bénéficier.