Lendosphere passe à la vitesse supérieure

La société de gestion 123 IM a acquis 72% de son capital. Elle prévoit de lui ouvrir son réseau de distribution et d’investisseurs.
Amaury Blais et Laure Verhaeghe, co-fondateurs de Lendosphere

Les rapprochements entre sociétés de gestion et plateformes de crowdfunding seraient-ils en passe de commencer ? Ce mercredi 23 novembre, 123 IM a annoncé entrer au capital de Lendosphere, un acteur majeur du financement participatif, spécialisé dans les énergies renouvelables.

La participation de 123 IM s’élève à 72%, les 28% restants demeurant entre les mains des deux co-fondateurs Laure Verhaeghe et Amaury Blais. Ce dernier confie que ce rapprochement était nécessaire pour suivre le rythme du marché des énergies renouvelables. «La volonté politique est de renforcer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, explique-t-il. Les besoins à couvrir augmentent de manière exponentielle».

Avec ce rapprochement, Lendosphere entend profiter du réseau de distribution et d’investisseurs institutionnels et privés de 123 IM. Une ouverture qui lui permettra de passer à la vitesse supérieure en matière de collectes. A ce jour, elles s’élèvent en moyenne à 500.000 euros, pour un ticket moyen de 1.500 euros. «Notre modèle restera concentré sur les investisseurs privés. Les institutionnels muscleront cette base, mais ne seront pas privilèges dans les projets ouverts à la collecte», assure Amaury Blais. Et pour cause : Lendosphere entend certes partir à la conquête des investisseurs institutionnels de 123 IM, mais compte surtout utiliser son réseau historique de CGP. Comme d’autres plateformes, elle fait évoluer son modèle historiquement tourné vers le grand public pour partir à la conquête des conseillers en gestion de patrimoine. «Nous attirons déjà de plus en plus des investisseurs venant de banque privée», confie Amaury Blais. Sa plateforme, lancée en 2015, a déjà financé 300 projets pour 115 millions d’euros (dont 40 millions sur les 12 derniers mois). Si l’ouverture à l’Europe est déjà dans les esprits des dirigeants, notamment depuis l’entrée en vigueur du nouveau statut europén PSFP,  la France demeure leur marché prioritaire pour l’heure.

Cette main tendue aux investisseurs institutionnels rappelle les débats qui avaient animé le secteur du crowdfunding à ses débuts. A ce moment, les acteurs se lançaient exclusivement sur le modèle BtoC, refusant toute ouverture aux institutionnels. Rares étaient ceux à tenter une approche, comme Lendix (ex October), de peur de s’attirer les foudres d’un marché en pleine gestation. Alors qu’elles s’apprêtent à faire leur entrée sur la scène européenne, les plateformes de crowdfunding seraient-elles tentées de s’ouvrir enfin aux institutionnels ? Dans tous les cas elles semblent se rapprocher de plus en plus des acteurs de la finance dite «traditionnelle». En juillet dernier, Baltis Capital annonçait ouvrir son capital au groupe Magellim, qui détient notamment la société de gestion Foncière Magellan.