Le marché de l’or veut faire de la résistance face au bitcoin

Fabrice Anselmi
Le jour même où la cryptomonnaie dépasse les 50.000 dollars, le Conseil mondial de l'or rappelle les vertus du métal précieux.

Le moment a été bien choisi. Le jour même où le bitcoin a dépassé le pic symbolique de 50.000 dollars, et alors que le cours de l’or poursuit sa baisse entamée le 6 août (au-dessous de 1.800 dollars/once mardi), le Conseil mondial de l'or (World Gold Council, WGC) a publié une brochure pour rappeler ce qui fait du métal jaune un actif stratégique : «L’or bénéficie de diverses sources de demandes : comme investissement, actif de réserve, bijou ou composant technologique. Il est très liquide, sans lien à la responsabilité de personne ni risque de crédit, et reste un métal rare, ce qui préserve sa valeur au fil du temps».

Avec la crise sanitaire et économique, les banques centrales ont amené les taux au plus bas et poussé les investisseurs en quête de rendement vers les actifs plus risqués, notamment les marchés d’actions et le bitcoin, tandis que les gouvernements poursuivent des politiques budgétaires expansives. «De quoi faire de l’or un actif de plus en plus pertinent», poursuit le WGC en évoquant son rôle de diversification face aux différents risques induits (déficits publics accrus, inflation, corrections de marchés actions hautement évalués), ainsi que pour accompagner la reprise mondiale, «en particulier dans les marchés émergents».

Le WGC, dont la démonstration sur la conformité des investissements en or aux meilleures pratiques ESG reste peu approfondie, liste notamment cinq raisons structurelles susceptibles de soutenir les rendements de l’or : baisse des taux longs, demande des banques centrales au titre de leurs réserves, couverture face aux risques de marché, accès facilité au travers des ETF (exchange traded-funds), et donc reprise économique. Ce qui en ferait «un parfait complément aux investissements en actions», «une couverture contre le risque systémique, la dépréciation des monnaies et l’inflation», avec «la liquidité nécessaire pour répondre aux besoins de passifs en périodes de stress de marché», insiste l’institution en évoquant à la fois sa décorrélation, ses modes de négociation, et un rendement en dollars de 11% par an depuis 2001 (seuls les placements en actions émergentes et foncières feraient mieux).

Si l’or est reconnu comme actif refuge dans les périodes de crise et de déflation, ses rendements sont également supérieurs aux autres matières premières dans les périodes d’inflation supérieure à 3%, conclut le WGC, qui recommande d’en détenir entre 2% et 10% pour améliorer le rendement/risque d’un portefeuille d’investissement... sans jamais nommer la cryptomonnaie «concurrente».