L’actionnariat salarié se développe et la Loi Pacte devrait accélérer sa croissance

France Le 07/12/18 à 06h48 Le dernier baromètre annuel publié par Amundi Asset Management relève un doublement en cinq ans du nombre d'opérations d'actionnariat salarié mises en place.

Par Newsmanagers

Les opérations d’actionnariat salarié, historiquement développées au sein des grandes entreprises, conquièrent désormais les entreprises de taille intermédiaires (ETI), selon le 5ème baromètre annuel sur l’actionnariat salarié que vient de publier Amundi Asset Management.

Sur la base de 120 opérations réalisées et déployées dans 120 pays par Amundi sur les 5 dernières années (de 2013 à 2017), le Baromètre 2018 révèle ainsi une montée en puissance de l’actionnariat salarié au sein des ETI avec un taux d’adhésion de leurs salariés de 40%, proche de celui que l’on retrouve au sein des grandes entreprises. Cela intervient alors que l’on observe un doublement en 5 ans du nombre d’opérations d’actionnariat salarié mises en place (35 opérations d’actionnariat salarié conduites en 2017 contre 16 en 2013).

Si le taux de souscription auprès des salariés est presque deux fois plus élevé en France, la tendance est à la hausse à l’international. Le Baromètre relève également une augmentation significative des montants souscrits par les salariés, avec une progression de plus de 50% entre 2013 et 2017 en France (en moyenne de 3400 euros en 2013, le montant est de 4 860 euros en 2017) et une multiplication par trois à l’international sur la même période (de 1500 euros en 2013 à 4200 euros en 2017).

Le Baromètre 2018 met également en exergue la diversité des opérations d’actionnariat salarié. Trois types d’offres sont ainsi proposés aux salariés :  70% des offres (augmentations de capital et cessions de titres) sont proposées en offre classique (via des Fonds Communs de Placement d’Entreprise (FCPE) ou en actionnariat direct) aux salariés, 19% sont des offres mixtes (offres classiques et structurées) et 11% des offres uniquement structurées.

Les sources de financement sont aussi diversifiées : même si le prélèvement bancaire est le moyen le plus utilisé, plus de 50% de la souscription est financée par l’investissement des sommes issues de l’intéressement et/ou de la participation (quand c’est proposé par l’entreprise). L’attrait de l’abondement (versement complémentaire de l’entreprise) se confirme : le taux de souscription moyen aux opérations dépasse 40% lorsque l’abondement proposé par l’entreprise est supérieur à 1000 euros.

Avec un forfait social minoré et une décote accentuée, la Loi Pacte devrait accélérer le rythme et le nombre des opérations d’actionnariat salarié. La division par 2 du forfait social (de 20% à 10%) sur l’abondement devrait inciter davantage les entreprises à recourir au dispositif. La moitié des entreprises ont déjà proposé une décote d’au moins 20% en 2017 aux salariés sur l’achat d’actions. Et la réforme devrait faire passer la décote de 20% à 30% à 5 ans et de 30% à 40% sur 10 ans.

 « Avec la Loi Pacte, le rythme des opérations d’actionnariat salarié devrait s’amplifier. Avec près de 3 milliards d’euros levés en opérations d’actionnariat salarié, 2018 devrait confirmer la tendance. A horizon 2022, notre ambition est de doubler nos capitaux levés tant auprès des entreprises cotées que des entreprises non cotées », commente Xavier Collot, directeur Epargne Salariale et Retraite chez Amundi. En décembre 2017, Amundi Epargne Salariale et Retraite gérait 58,5 milliards d’euros, avec près de 110.000 entreprises clientes et 3,8 millions de salariés porteurs.