La gestion française évolue un peu face à la concentration

Les encours de la gestion hexagonale ont globalement diminué en 2018 après cinq ans de hausse, selon les chiffres de l'AMF.
Nouvelle réglementation pour les outils de gestion du risque de liquidité

L'Agefi Quotidien

Après avoir vu ses encours progresser continuellement depuis 2013, la gestion d’actifs française a souffert de marchés boursiers défavorables fin 2018, selon les statistiques de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Les encours globaux gérés par les sociétés de gestion de portefeuille (SGP) françaises se sont établis à 3.674 milliards d’euros fin 2018, soit 4,3% de moins qu'en 2017, avec une baisse moindre sur la gestion de mandats (-2% à 1.573 milliards) que sur la gestion collective : -5,9% à 2.101 milliards, dont 1.110 milliards pour les OPCVM (Ucits) et 990 pour les Fonds d’investissement alternatifs (FIA). À l’inverse, les encours des OPC de droit européen gérés par les SGP françaises sont passés de 436 à 529 milliards, du fait d’une utilisation accrue des passeports européens qui ne profite pas aux véhicules hexagonaux.

En se focalisant sur les fonds de droit français, l’AMF constate un encours des OPCVM en baisse dans toutes les classes d’actifs, à 756 milliards (-13,4%), alors que l’encours des FIA français – hors fonds d’investissement à vocation générale (FIGV), à 307 milliards (-11,9%) – a peu diminué, à 407 milliards (-2,5%), ce qui confirme leur moindre corrélation globale à la volatilité des marchés cotés.

Le régulateur publie également les données sur la concentration des actifs gérés, très élevée mais inchangée avec 92% des encours pour les 20 premières SGP dans la gestion de mandats, alors qu’elle diminue un peu dans la gestion collective, avec 40,1% pour les 5 premiers acteurs et 26,1% pour les 15 suivants. Un zoom sur la gestion sous mandat permet cependant de constater une baisse de l’investissement dans les OPC dits «maison» pour les banques (9,2% au lieu des 10,9%) et les assureurs (13,6% au lieu de 11,1%), au profit de la détention de titres en direct pour les banques (85,9%) et de la part investie en OPC de tiers pour les assureurs (6,8%). La part investie en OPC «maison» chute aussi de 59,5% à 50% pour les autres prestataires de services d’investissement.

Enfin, les encours gérés par les SGP déclarant des actifs liés aux mandats d’arbitrage en unités de compte (UC) connaissent une hausse significative de +18% pour s’établir à 18.841 millions d’euros fin 2018. La loi Pacte a depuis ouvert la voie à un cadre plus souple et attractif, en introduisant des dispositions destinées à orienter l’épargne des Français vers les unités de compte investies dans des produits tels que les Organismes professionnels de placement collectif immobilier (OPPCI), initialement destinés aux seuls professionnels.