La corrélation des cryptomonnaies avec les actions augmente

Louis Tellier
Le lien à court terme de plus en plus fort du bitcoin avec le marché actions, particulièrement avec le Nasdaq, rend plus prévisible le cryptoactif.
(Crédit : Sergei Tokmakov - Pixabay)

Cela faisait maintenant plusieurs mois que le cours du bitcoin se maintenait autour des 40.000 dollars. Montrant même une résistance assez surprenante les premiers jours de la guerre en Ukraine. Mais depuis l’annonce de la Banque centrale américaine du relèvement de ses taux d’un demi-point, du jamais-vu depuis 2000, le cours du bitcoin ne cesse de baisser. Lundi 9 mai, il touchait même les 32.000 dollars, son plus bas niveau depuis juillet 2021. Pour Mathieu Jamar, fondateur de DCY, société de trading et d’investissements en cryptomonnaies, le bitcoin «suit de plus en plus la santé des marchés et particulièrement l'indice Nasdaq. Pour moi, c’est indéniable depuis quelques mois. » Selon les données de Bloomberg, le coefficient de corrélation de l’indice linéaire entre le bitcoin et le Nasdaq reste fort depuis le début de l’année et atteint de nouveaux records ces derniers jours (autour de 0,80). «Sur le long terme, le bitcoin reste un actif très intéressant mais il est devenu beaucoup plus prévisible sur le court terme, en tout cas pour le moment», précise Mathieu jamar.

Complications pour les spéculateurs

Engagé depuis 2013 sur le marché des cryptomonnaies, Mathieu Jamar évoque avec une pointe de nostalgie «la fin d’un âge d’or pour les spéculateurs historiques». La popularité croissante des cryptomonnaies observée ces derniers mois entraîne l’arrivée de plus en plus d’acteurs institutionnels sur le marché, ce qui augmente la concurrence. «Les cryptos restent sous-évaluées mais le chemin va être plus compliqué pour le spéculateur historique, il y a aura moins d'opportunité. Le marché (de la spéculation) va donc nécessairement se déplacer sur le marché des alt-coins (autre que le bitcoin). C’est là que les gains seront présents pour les mois à venir. »

La popularité des cryptomonnaies entraîne également les régulateurs à s’y intéresser de plus en plus, notamment aux États-Unis et en Europe. Une situation à double tranchant pour le fondateur de DCY : «Il y a huit ou neuf ans, on se demandait si les cryptos n’allaient pas disparaître. Aujourd’hui, le chemin que prennent les différentes réglementations montre que c’est installé. Mais je pense que le marché sera de plus en plus mou, notamment à cause des réglementations qui vont beaucoup plus le cadrer. »