Au plus haut, les marchés actions manquent de stimulant

Xavier Diaz
Les places boursières évoluent désormais dans une marge étroite alors que le pic de croissance est proche.
(Pixabay)

Les marchés actions sont pris de vertige. A leur plus haut historique, ils semblent désormais hésiter. Depuis le 20 mai, l’indice S&P 500, qui est revenu à son record en clôture du 7 mai, évolue dans un tunnel étroit. Un trading range également emprunté par le Stoxx Europe 600.

«L’indice S&P 500 n’a pas dépassé 1% d’évolution à la hausse comme à la baisse depuis le 20 mai, soit treize séances (quatorze en incluant celle de mercredi, à la mi-journée à Wall Street, ndlr)», notent les stratégistes de Deutsche Bank. Cela n’était pas arrivé depuis fin 2019. A l’époque l’indice avait enregistré 69 séances consécutives dans cette configuration entre octobre 2019 et janvier 2020.
Vers une phase du cycle plus mature

La marge d’évolution s’est même rétrécie au cours des dernières séances avec cinq d’entre elles à moins de 0,1% sur les huit dernières, y compris mercredi à mi-séance. «L’élan haussier sur les marchés actions s’est arrêté au cours du dernier mois, ce qui est cohérent avec une transition d’un pari sur la reprise vers une phase du cycle plus mature», explique Emmanuel Cau, stratégiste actions chez Barclays.

Faute de catalyseur, le marché cale. Les stratégistes de Deutsche Bank ont estimé que le S&P 500 pourrait corriger de 6% à 10% une fois le pic de cycle atteint (évalué à partir de l’indice ISM), prévu au deuxième trimestre. Cette apathie semble toucher l’ensemble du marché puisque la performance des entreprises dites value par rapport au facteur croissance est stable, de même que celle des grandes capitalisations par rapport aux valeurs moyennes.

«La question du pic de croissance est importante car les rendements sur les actions ont historiquement été plus élevés quand la croissance a été supérieure à la moyenne tout en accélérant», relève Mark Haefele, responsable de la gestion chez UBS WM. Ce dernier estime néanmoins que le marché conserve un potentiel de hausse : si le pic de croissance est atteint, il n’en est pas de même pour l’emploi. Les inquiétudes sur l’inflation pourraient également plafonner rapidement tandis que le stimulus monétaire restera un soutien puissant.