99% des actifs sous gestion dans le monde ne sont pas alignés sur l’Accord de Paris

Par la rédaction
Moins de 1% des 27.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion analysés par le Carbon Disclosure Project est évalué comme étant en dessous de 2 degrés.

C’est un constat alarmant à quelques jours de l’ouverture de la COP 26 à Glasgow. «En dépit de l’augmentation des engagements du secteur financier relatifs à la neutralité carbone et d’un apparent boom ESG, la vérité est que moins de 1% des actifs des fonds est actuellement aligné sur l’Accord de Paris», affirme Laurent Babikian, directeur mondial des marchés de capitaux chez Carbon Disclosure Project (CDP). L’organisation non gouvernementale a publié une étude sur le respect de l’Accord de Paris de la part des fonds d’investissement. Ce traité international, signé en 2015, vise un réchauffement global de la planète limité à «bien en-dessous» de 2 degrés. Un objectif qu'a analysé le CDP pour plus de 16.500 fonds d'investissement représentant 27.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion (23.300 milliards d'euros).

Et les conclusions sont préoccupantes : seuls 158 fonds individuels ont été évalués comme étant «bien en-dessous» de 2 degrés, soit seulement 0,5% des actifs totaux. Pire, en prenant en compte les émissions de scope 3, représentant les émissions liées à l'utilisation des produits vendus et celles liées à la chaîne d'approvisionnement, le pourcentage d'actifs des fonds alignés sur l'Accord de Paris passe de 0,5% à seulement 0,2%, soit seulement 65 fonds.  

En restant sur les scopes 1 et 2, les émissions de gaz à effet de serre directes et celles liées à l'énergie, le nombre de fonds évalués avec une température de 1,5 degré, correspondant à l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris, descend à 102. Pourtant, «les climatologues et le GIEC sont clairs : il doit s’agir de la limite supérieure du réchauffement planétaire si l’on veut atténuer les effets les plus catastrophiques du changement climatique», regrette l’ONG. Preuve des efforts qu’il reste à fournir, plus de 60% de l’ensemble des actifs des fonds sont exposés comme étant alignés sur un réchauffement climatique de plus de 2,75 degrés.

L’ONG, qui cherche à apporter le plus de transparence possible aux marchés financiers sur les risques et opportunités liés au changement climatique, regrette aussi le manque d’engagements des fonds dans les objectifs : «seulement 15% des entreprises qui répondent au CDP rapportent actuellement un objectif de réduction de scope 3». Entre absence d’objectifs et objectifs flous, l’engagement du milieu financier pour l'environnement a de quoi nourrir target="_blank">les critiques.