Tribune

L’immobilier neuf se stabilise en France

Par Didier Kling, président de la CNCEF et de la CNCEF Immobilier

La récente enquête de l’Insee à propos de l’immobilier neuf révèle un solde d’opinion favorable concernant cette classe d’actifs de la part des promoteurs. Ils sont en effet plus nombreux en octobre, à estimer qu’une embellie se matérialise dans ce secteur, là où les intentions étaient timides l’été dernier.

Cette hausse de confiance de la part des professionnels s’appuie sur les perspectives de mises en chantier pour les trois prochains mois. Même si les logements destinés à la vente ne connaissent pas d’évolution notable, ceux destinés à la location progressent. Cela fait dire aux promoteurs que leurs stocks de logements invendus est convenable dans la conjoncture actuelle. Cependant, ils observent une hausse du prix moyen des logements neufs mis en vente.

En ce qui concerne le financement, les professionnels estiment que l’apport personnel des candidats à l’acquisition d’un logement neuf a augmenté au cours des derniers mois. Ce qui permet selon eux, de penser que les moyens de financement consacrés au neuf augmenteront au cours du prochain trimestre.

Pour leur part, les artisans du bâtiment sont plus optimistes qu’en juillet 2019 concernant leur activité. Pour autant, ils n’observent pas de hausse dans leur activité et font preuve d’un enthousiasme raisonnable à propos des perspectives générales du secteur. Ils ne prévoient pas l’emploi de main d’oeuvre supplémentaire compte-tenu d’un climat jugé incertain. En effet, si durant le second trimestre, ils ont eu recours à des embauches supplémentaires, ils vont jouer la prudence pour cette fin 2019. Et lorsqu’ils décident de renforcer leurs effectifs, ils sont tout de même 55 % à éprouver des difficultés de recrutement.

Du côté des Français, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants augmente légèrement par rapport au mois dernier. L’attractivité du neuf pourrait encore se renforcer à l’heure de la réforme des retraites. En effet, considéré par de nombreux Français comme le complément de  revenus, les épargnants pourraient se décider à investir pour se constituer un capital en perspective de la retraite. Il faudra tout de même veiller à la quantité de biens disponibles si une projection se confirmait. Car les acquéreurs de plus en plus en nombreux sur le marché vont nécessairement conduire à faire augmenter les prix. Si la prudence est de mise, une demande supérieure à l’offre doit s’anticiper pour éviter d’éventuelles tensions.