Suppression de l’IFI : Marine Le Pen détaille sa proposition

Il serait remplacé par un impôt sur la fortune financière, reprenant les seuils de l’ISF. Plusieurs exonérations sont prévues, comme les résidences principales et les œuvres d’art.
Marine Le Pen au congrès de la Fnaim mardi 30 novembre. Source : Twitter @MLP_Officiel

Comme nous vous le révélions mardi, la candidate du Rassemblement National (RN) à l’élection présidentielle souhaite supprimer l’impopulaire Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Mis en place en 2018 par Emmanuel Macron, il remplaçait le non moins honni impôt sur la fortune (ISF). La candidate RN entend le remplacer à son tour par un impôt sur la fortune financière (IFF). Elle a commencé à en dresser les contours dans une interview au Parisien cette semaine.

Un nouvel impôt pour financer la politique de natalité

L’IFF reprendrait les seuils de l’ISF et comprendrait plusieurs exclusions : les résidences principales, les œuvres d’art acquises depuis plus de dix ans, les bâtiments agricoles et les monuments classés ou inscrits aux Monuments historiques. Selon la candidate, ce nouveau dispositif devrait concerner environs 250.000 personnes et rapporter 3,4 milliards d’euros. A noter que l’IFF ne remplacera pas la flat tax.

Selon Marine Le Pen, l’exonération des résidences principales vise à protéger «les classes moyennes qui entraient parfois dans l’ISF du fait de la simple valorisation d’un patrimoine immobilier familial». Quant à celle des œuvres d’art, il s’agirait de «préserver le patrimoine français» en freinant de potentielles cessions «à des étrangers, à des fonds de pension, à des assurances».

En présentant cette mesure mardi 30 novembre au congrès de la Fnaim, la candidate RN avait recouru à un discours plutôt idéologique, fustigeant le «choix antipatriotique» du président de la République qui aurait préféré favoriser «l’investissement spéculatif au détriment de celui dans la pierre». Elle révélait pourtant le même jour au micro de Sud Radio avoir des objectifs plus terre-à-terre : «Je veux pouvoir financer ma politique de natalité (…) Et je viens dire à ceux qui sont les plus aisés de nos compatriotes : vous devez participer à cette politique de natalité, parce qu’il en va de l’avenir de votre pays, de notre pays. Et je suis convaincue qu’ils accepteront cette philosophie.»