Les SCPI à la traîne en matière de parité et d’ESG

Le produit phare de la pierre papier reste encore résolument masculin, et a encore du chemin à faire pour respecter les critères environnementaux et de bonne gouvernance.
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La parité hommes-femmes est « loin d’être respectée » dans le monde de la SCPI, selon le baromètre(1) de la société d'analyse financière indépendante Deeptinvest, que publie en exclusivité L’Agefi Actifs. Seules 9% des SCPI de rendement la respectent dans leurs organes de direction et 0 % dans les conseils de surveillance, un taux qui passe respectivement à 8% et 6 % pour les SCPI fiscales. « Sur les 158 fonds du panel, seulement 16 sont présidés par une femme et 3 présentent un conseil de surveillance où la parité homme-femme est respectée », souligne l’étude. Peut mieux faire, aussi, du côté des critères environnementaux et de bonne gouvernance. La SCPI se caractérise en effet également par une « faible prise en compte des critères ESG » : ainsi 61% des gestionnaires de SCPI de rendement déclarent prendre en compte de tels critères dans leur politique d’investissement, tandis que 55% se soucient de la consommation d’énergie et 14 % de la biodiversité.

Plus de 8 milliards d'euros de collecte attendue

Le produit garde pourtant les faveurs des investisseurs, notamment du fait de ses rendements très élevés. La performance affichée par le taux de distribution sur valeur de marché (TDVM) des SCPI de rendement, qui représentent plus de 96 % des fonds sous gestion, se montait ainsi à 4,65 % en décembre 2018 (4,53 % un an auparavant). La capitalisation de l'ensemble des SCPI actives sur le marché, captées par 30 sociétés de gestion, se montait à 53 milliards d’euros à fin 2018, en hausse de 10 % sur un an, rappelle Deeptinvest. Et la collecte devrait encore battre des records cette année : elle est attendue au-delà de 8 milliards d’euros par les spécialistes.

Des frais toujours très élevés

Autre enseignement de l'étude, les SCPI recourent peu à l’endettement, et ce malgré un environnement de taux bas. Elles utilisent « peu l’effet de levier comparé à d’autres activités dans le monde de l’immobilier, avec un taux d’endettement de 10 % pour les SCPI de rendement et de 1 % pour les SCPI fiscales ». Du côté des frais de souscription, la moyenne reste élevée : 9,58 % HT, susceptibles de monter jusqu’à 13,8 %. Un coût auquel s’ajoutent les frais de gestion annuels moyens de 9,49 %, qui peuvent également grimper jusqu’à 12,4 %, souligne Deeptinvest. À l’inverse, à peine 21 % des véhicules de rendement et 11 % des fiscaux présentent des frais de gestion ne dépassant pas 8 %.

Produit présentant par nature des risques en capital et en liquidité, la SCPI est particulièrement exposée aux cycles immobiliers : « près de 20 % des SCPI en capitalisation et 38% en nombre de véhicules sont susceptibles de présenter un risque financier pour leurs souscripteurs, notamment en cas de retournement du marché immobilier », conclut le baromètre.  

(1) Deeptinvest recense l’intégralité des SCPI commercialisables, à savoir plus de 170 SCPI en France qui représentaient 55,4 milliards d’euros d’actifs au 31/12/2018 selon l’Aspim, représentant près de 95% du marché (soit près de 53 milliards d’euros).