Les Français reprennent leurs projets immobiliers

Les ménages anticipent un durcissement des conditions d’octroi de crédit des banques et s’aident des courtiers.
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La crise les a mis à l’épreuve mais ils résistent. Les Français continuent leurs projets immobiliers et anticipent les difficultés qu’ils peuvent rencontrer. C’est le principal enseignement de la quatrième vague du baromètre d’Artémis Courtage par Opinion Way sur le rapport des ménages au marché immobilier (1).

Une perception du marché tronquée

A première vue, les Français sont plutôt « pessimistes » quant à la situation économique du pays. Seuls 26 % se disent « optimistes ». Ca semble peu, mais à y regarder de plus près, il y a du progrès. Depuis la dernière vague (novembre 2020), le camp des optimistes s'est agrandi (+6 points) et 50 % des répondant croit même désormais à une reprise du marché immobilier. Pourtant, ils semblent avoir une vision tronquée de la réalité de ce marché.

77 % des Français pensent que les banques sont plus exigeantes dans l’octroi de crédit et 66 % ont l’impression que les délais s’allongent. 57 % pensent même que les taux augmentent. Il est vrai que les derniers baromètres des banques indiquent une très légère remontée, mais il s’agirait « essentiellement d’ajustements de la part de certains établissements qui se voulaient particulièrement compétitifs sur les taux », a expliqué le co-fondateur d’Artémis Courtage, Ludovic Huzieux lors de la présentation du baromètre à la presse.

Les Français ont du mal à percevoir ces nuances mais semblent enfin se rendre compte de la tendance baissière des taux. En avril 2020, ils étaient près de 75 % à penser qu'ils augmentaient alors qu’ils empruntaient la trajectoire inverse.

Reprise des projets immobiliers

Pessimistes ou optimistes, les Français n’abandonnent pas leurs projets de vie. 19 % d’entre eux envisagent d’acheter leur résidence principale, soit trois points de plus qu’en novembre dernier. Ce chiffre comprend ceux qui ont un projet achevé, en cours ou reporté. Seuls 2 % disent avoir abandonné leur projet en raison de la crise. On observe le même frémissement du côté des projets d’investissement locatif (13 %) et de résidence secondaire (10 %), tous deux en augmentation d’un point par rapport à novembre.

Les principaux motifs avancés par ceux ayant abandonné leurs projets sont l’attentisme pour voir l’évolution des prix (35 %), la conservation du capital par prudence (23 %) et une anticipation d’une baisse de revenus (19 %).

Source : Artémis Courtage

Une solution avant les conditions

En cette période chahutée, les courtiers semblent retrouver toute leur valeur aux yeux des Français. 61 % jugent que recourir à un intermédiaire accroit leur chance d’obtenir un crédit. La proportion monte même à 69 % chez les détenteurs de crédit. « La principale préoccupation de nos clients est leur solvabilité, a souligné Ludovic Huzieux. Ils veulent être certains d’obtenir une solution, avant même d’envisager la comparaison de plusieurs offres bancaires et assurances de crédit. »

Plus de la moitié des Français considère qu’il est plus difficile de pouvoir souscrire une assurance emprunteur extérieure sans l’aide d’un courtier. Une impression que confirment 21 % des détenteurs d’un crédit, qui témoignent de difficultés rencontrées. L’intermédiaire joue un rôle clé puisque selon le baromètre d’Artémis Courtage, seuls cinq détenteurs de crédit sur dix ont exploré d’autres options d’assurance emprunteur que celle de leur banque. huit sur dix n’auraient toujours pas profité de l’évolution de la réglementation (loi Hamon, amendement Bourquin) pour en changer.

Source : Artémis Courtage

(1) : Sondage OpinionWay pour Artémis courtage. Interviews réalisées les 10 et 11 mars 2021 auprès d’un échantillon de 1.003 personnes représentatif de la population française âgée de 18ans et plus.