L'effet Brexit est bien visible sur les prix de l’immobilier parisien

La part des Français et Britanniques qui quittent Londres pour Paris représente désormais 5 à 12 % des transactions dans les quartiers prisés par la clientèle haut de gamme, selon Barnes.

Si lors du vote du Brexit, en juin 2016, il était difficile d’émettre des conclusions certaines concernant l’impact de la mesure sur l’immobilier haut de gamme parisien, Barnes « commence à en mesurer plus précisément les conséquences ». Ce nouveau « facteur de hausse du volume et de consolidation des prix » se traduit par une hausse, depuis environ 6 mois, de 5 à 10 % des ventes réalisées par le réseau dans le Marais, les 6ème, 7ème et 9ème, 18ème arrondissements par des Français qui rentrent de Londres et d’Européens de Londres qui s’installent à Paris. Dans le 8ème, 16ème, 17ème arrondissements ainsi que Neuilly, entre 8 et 12 % des transactions sont concernées. « Ce n’est plus un épiphénomène, c’est devenu récurrent. Le marché de cette clientèle spécifique a marqué le pas en mai-juin, mais les opérations se sont à nouveau multipliées depuis septembre », poursuit Barnes.

Cette impulsion s’est traduite par de nouvelles hausses de prix : la barre des 20.000 euros par m² a été atteinte dans le 18ème à Montmartre et même 25.000 euros le m² dans le Marais pour des appartements exceptionnels. « Cette clientèle internationale et de Français de l’étranger arrive avec des références de prix différentes des nôtres. Dans la zone Martyrs-Montmartre, où nous avons réalisé 18 ventes en octobre, il n’est plus possible de trouver un bien correct à moins de 12.000 euros le m², explique Thibault de Saint Vincent, président de Barnes. Dans le Marais, le marché est tout aussi dynamique avec 22 ventes ce mois-ci, dont la moitié auprès de « millenials », et un quart des acheteurs venant de Londres ».

Autre conséquence : Londres n’est désormais plus la première ville recherchée par la clientèle fortunée en Europe. Dans le dernier baromètre Barnes Global Handbook qui établit un classement des villes les plus recherchées par les personnes fortunées, la capitale britannique « a été détrônée de la première place qu’elle occupait depuis 20 ans au profit de New York, immédiatement suivi de Paris », souligne le réseau. Résultat : Londres était 2,8 fois plus chère que Paris il y a trois ans, on estime que la ville est toujours 1,6 à 1,8 fois plus chère. Dans le segment du haut de gamme parisien, la moyenne de prix tourne autour de 11.000 euros le m².