Le marché immobilier résiste plus que prévu

Gaetan Pierret
Malgré des ventes en baisse, il pourrait bien enregistrer un nouveau record cette année après celui de 2021. La hausse des prix se modère, sauf dans certaines grandes villes où l’engouement des acheteurs renforce la dynamique du marché.

Jusqu’ici, ça va plutôt pas mal. Le marché immobilier continue d’afficher une résilience étonnante en dépit de tous les vents contraires qu’il doit affronter. La conjoncture plombe le moral et le pouvoir d’achat des ménages, coincés entre une crise énergétique record et une inflation à 6,2%. Le tout sur fond de guerre en Ukraine qui, si elle ne les impacte pas directement, ne contribue pas à booster leur optimisme envers l’avenir. Sans oublier tout le mal qu’ils ont à obtenir des crédits : alors que les taux d’intérêt augmentent et les pressent d’emprunter avant qu’ils ne soient trop hauts, les Français sont toujours aux prises avec le taux d’usure, mécanisme de protection de plus en plus dénoncé comme mécanisme d’exclusion.

Et pourtant ! A en croire la Fnaim, 2022 pourrait bien être la seconde meilleure année du marché immobilier après le record de 2021 (1.145.000 ventes). Dans leur note de novembre, les experts de la Fédération nationale des agents immobiliers estiment qu’à fin décembre, on pourrait bien comptabiliser 1.120.000 transactions. Une baisse donc mais bien moins importante que ce qu’elle aurait pu être compte tenu du contexte.

Source : Fnaim

Les prix retrouvent (un peu) la raison

Côté prix, la dynamique est la même : une dynamique haussière teintée d’un léger ralentissement  

Au 1er novembre dernier, ils étaient en hausse de 6,6% sur un an, «plus que l’inflation», souligne la Fnaim. Dans le détail, la Fédération a enregistré +2,2 % en Île-de-France hors Paris, +3,7% dans les 10 plus grandes villes de province, +5,2% dans leurs périphéries, +6,8% dans les villes moyennes et +7,9% dans les communes rurales.

Le marché des grandes villes se divise en deux. Certaines affichent des baisses légères comme Paris (-1,1% sur un an à 10.717 euros/m2, Lyon (5.029 euros/m2, -1,5%), Nantes (3.805 euros/m2, -2%). De l’autre côté, les villes du Sud Est comme Marseille (3.030 euros/m2, +7% sur un an), Nice (4.823 euros/m2, +8,9% sur un an) et Montpellier (3 393 euros/m2, +6% sur un an) restent sur une belle dynamique. Entre les deux, Bordeaux, qui se stabilise à 4.689 euros/m2.

A noter que le marché parisien se voit porter par des ventes en fortes hausses : +8% sur un an à fin août.