Logement neuf

Le dispositif Pinel relève le volume des ventes aux investisseurs

Les mesures gouvernementales pour la relance du logement semblent finalement porter leurs fruits, c'est tout du moins ce que laisse entrevoir les chiffres de la FPI sur le dernier trimestre 2014

Les résultats du dernier trimestre 2014 redonnent de l'espoir aux promoteurs immobiliers. « L'année est sauvée et moins terrible qu'on ne l'envisageait », indique Alexandra François Cuxac, présidente de l'observatoire de la FPI lors de la conférence de presse. Les chiffres portant sur le marché du logement neuf sont en effet meilleurs que les prévisions et supérieurs au dernier trimestre 2013. Toutefois, ils doivent être relativisés au vu des années 2010 et 2011. La reprise de l'activité reste donc encore à prouver.

Regain d'intérêt des investisseurs. Alors qu'à mi-novembre, une baisse des ventes de 3,5 % sur l'année était anticipée par la Fédération des promoteurs immobiliers, c'est finalement une hausse de 3 % des ventes aux particuliers qui est enregistrée en 2014. La tendance s'est donc inversée en fin d'année. En tout, la FPI a enregistré 102.819 ventes de logements neufs dont 76.650 aux particuliers, 22.079 en bloc (-5,9 % en un an mais +11,7 % au dernier trimestre) et 4.160 en résidences services (lire encadré).

En comparant les quatrièmes trimestres de 2013 et de 2014, les ventes aux investisseurs ont bondi de 21,7 % quand celles aux accédants ont progressé de 8,2 %. 

Par conséquent, sur l'année 2014, les investisseurs ont acheté 33.609 logements neufs (hors résidences services), soit une hausse de 11,6 % en un an (après 30.118 en 2013). Les ventes brutes aux investisseurs qui ne tiennent pas compte des désistements s'élèvent à 39.930 contre 36.140 en 2013. Ils représentent ainsi une part de 44 % du marché. Sur le dernier trimestre, cette part monte d'ailleurs à 50 % avec 11.703 biens vendus.  Le passage du dispositif Duflot au Pinel semble donc porter ses fruits dans le neuf alors que le marché de l'investissement dans le logement ancien reste en retrait.

"Un regain d'intérêt très net des acheteurs" est constaté par Alexandra François Cuxac; de même, François Payelle, président de la FPI, indique que : "la fréquentation des bureaux de ventes est bien réelle", y compris au mois de janvier. "Il était important de restaurer la confiance des investisseurs qui sont les plus réactifs" poursuit-il, tout à ne s'attendant pas à un redressement des mises en chantier avant fin du premier semestre, début du second (lire l'article sur les chiffres de la construction en 2014)

Les mises en vente à la traîne. Reste un indicateur encore à la traîne pour faire repartir le marché : les mises en vente. Ces dernières chutent de 8,9 % en 2014, loin des niveaux de 2009. La FPI pointe encore le manque de confiance mais aussi la durée des procédures de délivrance d'un permis de conduire. « Par rapport à 2011, c'est plus d'un quart du marché qui n'est plus mis en vente » souligne la présidente de l'observatoire. Si cette évolution peut d'ailleurs être plus limitée dans certaines régions, d'autres voient les mises en vente dégringoler aux alentours de 20 % comme à la Côte d'Azur (-21 %) ou en Normandie (-20%) et même jusqu'à -36% dans le Centre. Contrepartie de ces mauvais chiffres, l'offre commerciale se contient à 89.672 à fin 2014, soit un niveau proche de 2013. En revanche, la hausse du stock de logements sur un an peut devenir préoccupante. Le nombre de biens livrés a bondi de 51 % passant de 5.951 au 4ème trimestre 2013 à 9.011 au dernier trimestre 2014. Si Alexandra François Cuxac considère que le délai d'écoulement de 14,1 mois n'est pas mauvais, elle remarque que cette donnée varie fortement d'une région à l'autre. Il faut compter 17,5 mois de commercialisation à Lille ou encore 19,5 mois en Bretagne.

Prix en hausse en Ile-de-France. Les prix des logements collectifs restent stables mais leur différence reste très marquée entre la province et l'Ile-de-France. Ainsi, le mètre carré habitable hors parking et TVA au taux normal revient à 3.604 euros (-0,6 % sur un an) en province et à 4.658 euros (+1,4 %) en Ile-de France. En France, le prix moyen est de 3.932 euros, soit -0,1% sur un an.