Collecte

La pierre-papier ne connait pas (encore) la crise

Les SCPI et OPCI Grand Public ont collecté 3,8 milliards d’euros, soit une hausse de 47% sur un an.

Phénomène d’inertie pour la pierre papier ou véritable décorrélation ? Il est probable que la réponse sera donnée par les statistiques du second trimestre 2020. En attendant, les données publiées ce mardi 19 mai par l'Association française des Sociétés de Placement Immobilier (Aspim) et l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) pour le premier trimestre, mettent en évidence la résilience du placement dans la crise. Les SCPI et OPCI Grand Public ont ainsi collecté 3,8 milliards d’euros, soit une hausse de 47% sur un an. Au 31 mars 2020, la capitalisation des SCPI atteignait 68,2 milliards d’euros (+4,5% sur le trimestre), tandis que l’actif net cumulé des OPCI grand public est passé sur les trois premiers mois de l’année 2020 de 18,6 milliards d’euros à 19,3 milliards d’euros (+3,7%). « Aucun retrait significatif sur les mois de mars et d’avril n’a eu lieu même si la collecte s’est poursuivie en avril à un rythme très inférieur à celui de la période avant confinement», indique l’association.

Dans le détail, les SCPI Immobilier d’entreprises et fiscales ont collecté 2,56 milliards d’euros au premier trimestre 2020 (+24% par rapport au premier trimestre 2019) avec, d’un point de vue géographique, des acquisitions réalisées principalement à l’étranger (45%), puis en Ile-de-France (38%, dont 10% à Paris). De leur côté, les OPCI Grand Public majoritairement distribués par le biais des contrats d’assurance-vie ont collecté un total de 1,28 milliards d’euros. Une progression de 130 % par rapport au premier trimestre 2019 et ce en dépit de la chute des marchés de valeurs mobilières à partir de la mi-mars. Aucun ralentissement notable des souscriptions n’est à relever avant la première quinzaine du mois d’avril, relève l'Aspim. Ainsi, les souscriptions nettes s’établissent à 60 millions d’euros sur la première quinzaine d’avril contre 190 millions d’euros pour la dernière quinzaine de mars.

En matière de performances, la question du paiement des loyers commerciaux pour les entreprises en grande difficulté reste essentielle. « Les adhérents soutiennent leurs locataires commerçants en difficulté par des mesures d’aménagement des loyers commerciaux », indique l’association, justifiant ainsi le choix d’une majorité de SCPI de réduire le montant du premier acompte sur dividende de l’année. La performance globale des SCPI d’entreprise au 31 mars 2020 s’établit à +6,7% sur une année glissante dont un rendement courant de +4,4% (-0,1 point sur un trimestre) et d’une revalorisation des parts de +2,3%. En revanche, la performance globale des OPCI au 31 mars s’établit à -2,9% depuis le 1er janvier et 0% sur un an.

Du côté des SCPI, de nombreux gérants ont été prudents et n’ont pas distribué l’intégralité des acomptes de dividendes prévus pour le premier trimestre, explique l’Aspim. Quant aux OPCI, ils ont payé la contre-performance de la poche « foncières cotées » avec un indice sectoriel Euronext IEIF SIIC France en baisse de 35% depuis le 1er janvier.