Immobilier : « Nous étions loin d’imaginer une telle résilience » 

Si le président de la Fnaim, Jean-Marc Torrollion, salue la résistance du marché l’année dernière, il se montre beaucoup plus inquiet pour 2021.
Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim

La tendance se confirme : 2020 a été une bonne année pour l’immobilier ! Le secteur a résisté, envers et contre tout. La crise sanitaire et les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) n’auront pas eu raison du marché qui a enregistré 980.000 transactions selon les prévisions de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim).

Une performance inespérée dans le contexte et qui s’approche très fortement du million de ventes enregistrées en 2019. « Nous étions loin d’imaginer une telle résilience », a confirmé Jean-Marc Torrollion, président de la fédération, lors d’un point presse organisé mercredi 13 janvier. Fin octobre, la Fnaim enregistrait même 1.006.000 de ventes sur douze mois glissants, malgré une baisse de 5 %, dans tous les départements incluant les 12 plus grandes villes de France.

Des craintes pour 2021

En revanche, l’inquiétude est grande parmi les professionnels concernant les prochains mois. Ils sont déjà 65 % à signaler une baisse d’activité depuis le second confinement (1).

Source : Fnaim

Ils sont nombreux à déplorer que la reprise du second confinement ait été moins forte que le rebond de cet été. Mais décembre est structurellement un des mois les moins dynamiques de l’année. Jean-Marc Torrollion s’est d’ailleurs montré confiant en la résilience du secteur. « Des baisses de chiffres d’affaires, nous en avons connu plusieurs. De plus, nous venons de vivre trois bonnes années », a-t-il expliqué. Il a également salué les bons réflexes de gestion des agences : près de 40 % d’entre elles ont souscrit des Prêts Garantis pas l’Etat (PGE). 

Le président de la Fnaim s’est toutefois montré beaucoup plus inquiet quant à la situation des 640 entreprises de location saisonnière. « 52 % de nos confrères accusent une baisse importante de chiffre d’affaires », a-t-il alerté. La plupart ne pourront pas compenser cette baisse compte tenu des contraintes sanitaires et administratives toujours en vigueur. « Nous avons déjà perdu la clientèle étrangère et la période des fêtes de fin d’année. Les vacances de février sont également compromises. C’est très préoccupant », s’est-il désolé.

S’il dit que les chiffres ne traduisent pas, pour l’instant, une vague d’impayés dans le résidentiel, il a tout même relevé qu’un quart des professionnels accusent une augmentation de retards dans le paiement des loyers. La même proportion constate déjà une augmentation des délais dans le paiement des charges de copropriété.

La proportion est beaucoup plus importante pour les commerces : 62 % des professionnels témoignent de problèmes dans le recouvrement des loyers. « Nous craignons des tensions à venir dans les relations contractuelles », a prédit Jean-Marc Torrollion.

(1) Sondage Fnaim auprès de 1 082 professionnels de l’immobilier en décembre 2020.