Immobilier : la hausse du Smic n'améliore pas le pouvoir d'achat

Sa revalorisation début mai ne suffit pas à compenser la hausse des prix et des taux d’intérêt.

Augmenter le Smic ne résout pas tous les problèmes. C’est encore plus vrai en immobilier.

Le courtier Vousfinancer s’est intéressé au pouvoir d’achat immobilier des Français qui perçoivent un Smic depuis sa revalorisation (1). Au 1er mai dernier, il s’est vu augmenter de 2,65%, pour passer à 1.302 euros nets mensuel pour 35 heures de travail. Malgré cette hausse, les ménages percevant le Smic ont vu leur capacité d’achat immobilière fondre comme neige au soleil en seulement quatre mois. En cause : la hausse des taux d’intérêt depuis le début de l’année (+0,4% en moyenne) qui se combine à celle des prix des logements. Deux augmentations que la revalorisation du salaire minimum ne parvient pas à compenser. «C’est la première fois depuis 2012 qu’on voit la capacité d’emprunt du Smic reculer», souligne Sandrine Allonier, directrice des études et porte-parole de Vousfinancer, dans une note parue ce jeudi 12 mai.

Toute la France est concernée, mais certaines villes se distinguent particulièrement. Il en va ainsi du Mans, où le pouvoir d’achat immobilier avec un Smic a diminué de 3,4m² depuis janvier, de Brest et de Saint-Etienne (-3,1 m2). «Trois villes dans lesquelles les hausses de prix sont les plus fortes : 3% au Mans, 1,5% à Saint-Etienne ou 4,1% à Brest , précise Vousfinancer.

A l’inverse, les villes où le pouvoir d’achat du Smic est le plus élevé sont Saint-Etienne (85,1 m2), le Mans (64,5 m2), Nîmes (51,2 m2) et Clermont-Ferrand (50,6 m2), «seules villes où l’on peut acheter plus de 50 m2», souligne Vousfinancer. Suivent le Havre (49,6 m2) et Brest (49,3 m, malgré un fort recul).

Dans les grandes villes comme Paris, Bordeaux, Aix-en-Provence Nice, Lyon, pas de miracle : avec un Smic, les Français pourront espérer s’offrir au mieux 25m². «Les hausses de prix, même si elles sont désormais plus limitées (entre -1 % et 0 % en 20222) ne permettent pas aux ménages modestes d’y acheter une surface suffisante dans laquelle vivre», explique le courtier.

(1) Estimation hors assurance égale à 33 % du Smic, en remboursant un crédit sur 25 ans à 1,70 % avec 10 % d’apport