Bientôt la baisse des prix de l'immobilier à Paris ?

Un "rééquilibrage" du marché pourrait avoir lieu en 2020, selon une étude publiée par Proprioo et PriceHubble
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La page des records de prix à Paris pourrait bientôt se tourner. C'est du moins ce qui ressort d'une étude réalisée par le réseau d'agences Proprioo en partenariat avec PriceHubble, startup spécialisée dans le big data et l’intelligence artificielle pour les marchés immobiliers. L'enquête montre que "de nombreux signaux indiquent que le marché de l’immobilier parisien pourrait, d’ici à quelques mois, connaître pour la première fois en plus de dix ans une stagnation, voire une baisse, avec pour effet premier un rééquilibrage naturel des prix".

Alors que la barre des 10.000 euros le mètre carré a été franchie cette année dans la capitale, la proptech évoque un possible "rééquilibrage" du marché. Dans certains arrondissements, une stagnation des prix commence à être observée sur le dernier trimestre 2019 : les 5ème (+ 0.14%), 8ème (+0.74%) et 16ème arrondissement (+0.81%) affichent une quasi-stabilité des prix. "D’autres montrent même une baisse si l’on compare les prix médians au mètre carré à ceux du trimestre précédent", note l'étude. C'est le cas des 6ème (-0.10%), 7ème (-1.46%), 10ème (-0.76%), 12ème (-1.63%) ou 20ème arrondissements (-1.06%), qui finissent 2019 sur une dynamique à la baisse. Mais c'est aussi le comportement des acheteurs qui est en train de changer, alors que l'amortissement de leur investissement est de plus en plus difficile. En comptant les frais de notaires, les frais d’agences et les taux d’intérêts, la valeur de leur bien devrait augmenter d’au moins 10% sur les 5 prochaines années, "ce qui est difficilement envisageable à ce jour", poursuit l'étude.

A l’occasion de leurs interactions avec plus de 2.500 acheteurs au cours de ces derniers mois, les professionnels de Proprioo jugent que trois comportements semblent se dégager : ceux qui s’éloignent de Paris intra muros, ceux qui anticipent une baisse des prix et décident de reporter leur projet d’achat, et ceux qui s’endettent au-delà des 33 % recommandés par le HCSF. "Nos experts sur le terrain voient émerger un comportement qui se répand à vue d’oeil : des acheteurs qui préfèrent patienter, attendre que le marché se régule. C’est particulièrement le cas pour les primo-accédants qui peuvent difficilement se positionner sur le marché", commente Rodolphe Elmaleh, head of sales Paris de Proprioo. Quant à savoir quelle sera la concrétisation de ces perceptions sur les prix de l'immobilier parisien, l'avenir le dira.