Le métier de CGP évolue !

Par Hélène Lamon, directrice commerciale et produits CGP Entrepreneurs
Le métier de conseiller en gestion de patrimoine s’adapte, entame sa mue digitale et se concentre au sein des groupements. Avec un objectif : améliorer la relation clients

La crise sanitaire a donné un coup de pied dans la fourmilière. Face à l’impossibilité de conserver un contact en réel avec leurs clients, certains conseillers en gestion de patrimoine (CGP) ont repensé leur approche du métier en réalisant la transformation digitale de leur cabinet et en s’alliant au sein de groupements de CGP.

La transformation digitale des cabinets

Le Covid-19 a accéléré la mutation des cabinets de conseils en gestion de patrimoine. Confrontés aux confinements, les conseillers de gestion en patrimoine ont modifié leurs habitudes face à l’impossibilité de rencontrer physiquement leurs clients. Une évolution nécessaire à l’allure de révolution pour un métier où la notion de confiance entre le conseiller et l’épargnant est primordiale et passe souvent par des rencontres régulières. Si la digitalisation du métier était déjà une réalité dans les pays anglo-saxons, en France, il aura fallu attendre d’être confronté à une pandémie pour opérer ces changements.

Certains ont profité de la situation pour ouvrir ou refondre leur site internet afin d’en faire une véritable vitrine et présenter aux investisseurs leur expertise. Mais la digitalisation de leur métier est plus profonde et nécessite de s’équiper d’outils digitaux sécurisés, notamment en matière de signature électrique ou encore autour de la numérisation des documents pour faciliter la transmission aux clients et aux partenaires comme les sociétés de gestion. Les résultats ne se sont pas fait attendre et les conseillers de gestion en patrimoine ainsi que leurs clients apprécient la fluidité des échanges et la simplicité du processus.

La digitalisation du métier n’est pas le seul défi à relever, la profession doit aussi s’adapter à des évolutions réglementaires importantes qui nécessitent d’y être formées. Mif2, bientôt Mif3, RGPD, DSP2, les acronymes sont légion et constituent une véritable jungle réglementaire avec ses contraintes et autant de nouvelles tâches administratives.

Si certaines obligations sont du domaine du bon sens et étaient déjà appliquées comme « donner le bon conseil au bon client », d’autres obligent les CGP à s’équiper d’outils adéquats en particulier pour rédiger les procédures. De même, en cas de contrôle ou de réclamation des clients, le conseiller en gestion de patrimoine doit être capable d’apporter la preuve. On parle alors d’obligation de traçabilité.

Le groupement pour accompagner l’évolution du métier

La profession de CGP est à la croisée des chemins et nécessite un accompagnement pour effectuer les bons choix. Dès lors, il n’est pas étonnant d’observer une tendance qui consiste au regroupement des cabinets et des conseillers en gestion de patrimoine indépendants. Seuls, les CGP n’ont pas toujours les moyens financiers et le temps pour suivre le mouvement. En effet, l’évolution du métier impose aux professionnels d’investir dans des outils numériques onéreux, de veiller et de se former aux changements réglementaires.

Les groupements de CGP facilitent cette transition en soulageant les cabinets des tâches moins commerciales. Ils mettent à disposition de leurs partenaires les bons outils et une organisation adaptée avec un middle office, un pôle financier, une conciergerie immobilière ou encore un pôle d’ingénierie patrimoniale. A cela s’ajoutent des formations régulières qui offrent la possibilité aux CGP de se mettre à jour sur les dernières évolutions réglementaires. Enfin, la force des groupements ne se limite pas à un soutien administratif et juridique mais aussi commercial. En effet, ils simplifient aussi l’accès aux partenaires producteurs, comme les produits financiers commercialisés par les sociétés de gestion, en disposant des bonnes conventions et en négociant les tarifications. Ainsi, l’avenir de la profession passe par la concentration du secteur au bénéfice d’abord de l’épargnant.