CGP : nouveaux entrants, nouveaux enjeux

L’arrivée de professionnels issus de métiers connexes accélère la mutation du secteur

Mouvement impulsé ces dernières années mais confirmé par la crise sanitaire, l’immixtion de nouveaux acteurs dans le secteur s’explique par des raisons diverses et suit des objectifs variés. Loin d’être une sinécure pour les professionnels historiques, cette tendance nous paraît néanmoins vertueuse à plusieurs égards.

 

Clamer notre approche du métier

L’intégration de professionnels du patrimoine souvent chevronnés, issus du monde bancaire ou financier, est un très bon signal. Elle témoigne de l’expertise des professionnels du secteur mais aussi de l’approche raisonnée du métier que nous pouvons avoir qui attire les meilleurs candidats et garantit l’excellence du conseil délivré.

 

S’adapter

Le mouvement de digitalisation de notre profession est aujourd’hui une évidence pour tous. Il est irrésistible et nécessaire. L’arrivée des Fintechs sur notre secteur et leur modèle économique révèlent notre retard sur certains sujets. Elles nous poussent à améliorer nos performances, alliant pour ce faire les nouvelles technologies à la pensée humaine dans notre offre de prestation.

 

Coopérer

Nous constatons, depuis plusieurs années déjà, une extension du champ d’activité de professions ayant une activité initialement annexe au secteur de la gestion de patrimoine.

Les professions réglementées du droit et du chiffre en sont un exemple type. Les notaires se forment désormais à l’ingénierie patrimoniale et s’attachent les services d’Unofi pour les placements. Grâce à l’assouplissement de leur déontologie, experts-comptables et avocats pratiquent maintenant des activités commerciales accessoires à leur mission principale. Plus récemment, les sociétés de M&A ont elles aussi abordé notre secteur, continuité logique de leur métier et garantie de récurrence. Un positionnement selon nous durable, parce que répondant à une logique économique et stratégique.

 

Le secteur de la gestion de patrimoine doit une nouvelle fois s’adapter

L’hétérogénéité des acteurs entrants va inévitablement engendrer une confusion dans l’esprit du client et compliquer la lisibilité d’un marché déjà concurrentiel. Tout l’enjeu pour les structures de conseil patrimonial réside donc dans leur capacité à répondre au plus près du besoin initial et nécessairement global du client : la gestion de son patrimoine dans toutes ses dimensions d’organisation, de développement, et de sécurisation. Souvent soulignée, la complexité actuelle du métier de gestionnaire doit donc être vue comme un atout à valoriser. Ces nouveaux entrants n’ont que rarement la maîtrise globale du métier ou la possibilité d’intégrer un personnel qualifié en la matière. En fonction de leur positionnement marché (Fintech notamment) ils cherchent donc, a minima, à créer une connexion informelle avec les gestionnaires de patrimoine ou, a maxima, à s’associer, établir des partenariats ou encore mettre sur pied des montages sociétaires valides au regard de leur déontologie (concernant notamment les professions du droit et du chiffre).

L’immixtion de ces professionnels et des sociétés technologiques doit donc s’apprécier comme une opportunité pour nos structures qui nous permettra d’apporter une vraie valeur ajoutée à nos clients.

 

Saisir les opportunités

De nouvelles formes de concentrations polymorphes « par l’inter professionnalité » ou « l’inter activité » pourraient donc voir le jour et offriraient aux conseils en gestion de patrimoine et gestion privée une manne importante de clientèle, une crédibilité certaine et une pérennité de leur activité. Accueillir ces nouveaux professionnels du patrimoine dans une logique « win-win » permettra donc d’affirmer plus que jamais notre plus-value et savoir-faire et d’inscrire notre activité dans le futur écosystème du patrimoine.