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La crise du secret bancaire suisse touche les banques étrangères en premier

La crise du secret bancaire suisse touche les banques étrangères en premier

Le total de bilan de ce type d'acteurs a diminué de 12% en 2013, du fait de la disparition de 11 enseignes sur 131, pointe le baromètre annuel de l'Association suisse des banquiers (ASB)

Hormis Wegelin et Frey & Co, deux banques locales fermées l'an dernier, le mouvement de consolidation du secteur financier suisse touche des établissements à capitaux étrangers. Le total de bilan de ce type d'acteurs a diminué de 12% en 2013, du fait de la disparition de 11 enseignes sur 131, pointe le baromètre annuel de l'Association suisse des banquiers (ASB). Leurs effectifs ont du coup fondu de 6,6%, avec 1.300 suppressions de postes.

Certains groupes étrangers se recentrent sur leurs marchés coeur du fait de difficultés financières ou des nouvelles exigences réglementaires, mais beaucoup semblent aussi refroidis par les brèches ouvertes dans le secret bancaire suisse. Une centaine de banques présentes en Suisse participent au programme lancé à l'été 2013 par les Etats-Unis pour régler la situation de ses contribuables ayant fraudé le fisc, avec à la clé de possibles sanctions pécuniaires, et Berne a mis en place des accords bilatéraux de régularisation avec le Royaume-Uni et l'Autriche.

L'an dernier, plusieurs enseignes étrangères ont changé de mains, telles Merrill Lynch Suisse, rachetée par Julius Baer, ou Sal. Oppenheim Suisse reprise par Deutsche Bank, tandis que la brésilienne J. Safra a fusionné avec Sarasin. La tendance se confirme cette année. L'italien Generali a cédé BSI à une autre brésilienne, BTG Pactual, tandis que les filiales locales de Morgan Stanley, de la liechtensteinoise Valartis Bank et de l'israélienne Leumi ont été reprises respectivement par J. Safra Sarasin et les suisses Cramer & Cie et Julius Baer. Standard Chartered a mis en vente sa filiale, tandis que Banco Espirito Santo, sous enquête des autorités locales, a cédé certains actifs à la Compagnie Bancaire Helvétique. Enfin l'allemande Deka a fermé ses activités sur place et la liechtensteinoise Centrum Bank s'apprête à faire de même. Plus petits que la plupart des acteurs domestiques, les étrangers devraient continuer à souffrir, prédit l'ASB.

Malgré les tensions politiques et la concurrence des places émergentes, la Suisse reste la première place de gestion de fortune transfrontalière. Sur les cinq premiers mois de l'année, les actifs gérés par les banques suisses (tous métiers confondus) ont progressé de 3,8%, à 6.310 milliards de francs. En 2013, ils ont crû de 5,9% grâce à l'appréciation des marchés et à la collecte. Négative en Europe occidentale, celle-ci est tirée par l'Amérique latine et l'Europe de l'Est, explique l'ASB.

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